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Nigéria : Goodluck Jonathan appelle partis et magistrats à protéger la démocratie

Lors du Dialogue démocratique 2026 de sa fondation, tenu mardi à Bauchi, l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan a appelé les partis politiques et le pouvoir judiciaire africains à renforcer les institutions démocratiques et à préserver la volonté populaire.

L’ancien président nigérian Goodluck Jonathan est intervenu mardi à Bauchi, dans le nord du Nigeria. Il s’exprimait lors du Dialogue démocratique 2026 de sa fondation, la Goodluck Jonathan Foundation (GJF). La rencontre portait sur le thème « Au-delà des élections : les partis et la justice peuvent-ils sauver la démocratie africaine ? »

Selon lui, la démocratie risque de devenir une simple façade si ses principes fondamentaux s’affaiblissent. Il a exhorté les partis politiques africains à renforcer leur démocratie interne et à former des dirigeants crédibles. Ces partis doivent aussi respecter leurs propres règles et privilégier l’intérêt national plutôt que les intérêts partisans.

« Des démocraties fortes ne peuvent émerger de partis politiques faibles », a-t-il déclaré.

L’ancien chef de l’État nigérian a plaidé pour des mécanismes plus solides de régulation des partis politiques en Afrique. Il a cité le Kenya, où une institution dédiée complète l’organe de gestion des élections, comme modèle possible.

Goodluck Jonathan a appelé les magistrats à protéger la démocratie avec impartialité, équité et respect de l’État de droit. Il s’est inquiété du recours croissant aux tribunaux pour trancher les contestations électorales en Afrique. Selon lui, ces litiges devraient d’abord être réglés dans les urnes plutôt que devant les juges.

L’ancien président a identifié huit piliers indispensables à une démocratie fonctionnelle sur le continent africain. Il s’agit de la souveraineté populaire, de l’État de droit et de la séparation des pouvoirs. S’y ajoutent la protection des droits fondamentaux, la transparence, des élections crédibles, le pluralisme et une société civile active.

Il a toutefois appelé à adapter ces pratiques démocratiques aux réalités propres à chaque pays africain. Selon lui, une application rigide du modèle occidental peut favoriser le recul démocratique du continent.

« L’histoire jugera nos démocraties non pas au nombre d’élections organisées, mais à la solidité des institutions que nous bâtissons », a conclu Goodluck Jonathan.

Prudence AGBALETI

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