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RDC : les attaques d’ambulances entravent gravement la riposte contre Ebola

En RDC, les violences contre le personnel médical se multiplient face à l’épidémie d’Ebola. L’OMS alerte sur des attaques quasi quotidiennes qui compliquent la prise en charge des malades, notamment autour de Bunia.

La lutte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo se heurte à un obstacle sécuritaire croissant. L’Organisation mondiale de la santé alerte sur une recrudescence des attaques visant les ambulances et le personnel de riposte. Ces violences se concentrent particulièrement autour de Bunia, épicentre de l’épidémie en Ituri.

Lors d’un point de presse à Genève, le Dr Thierno Baldé, gestionnaire de l’épidémie à l’OMS, a confirmé qu’une ambulance avait été attaquée lundi à Bunia. Il a précisé que ce type d’incident n’a rien d’isolé. « Presque chaque jour, nous faisons face à une réaction des communautés », a-t-il déclaré. Il attribue ces tensions à la détresse des familles confrontées à la maladie et à la mort de leurs proches.

D’autres incidents récents illustrent cette dégradation sécuritaire. Le 17 août, à Kandoy, dans le territoire d’Aru, un chauffeur d’ambulance a été blessé lors d’une attaque menée par un groupe de motards. Trois véhicules ont été vandalisés durant cette agression, qualifiée d’« inacceptable » par Julien Harneis, coordinateur principal de l’ONU pour Ebola. Une autre ambulance a par ailleurs été entièrement incendiée dans la zone de santé de Biringi, selon le médecin-chef local.

Cette épidémie, causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola, est devenue la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Elle a fait plus de 2 300 morts, dépassant le bilan de la flambée de 2018-2020. L’OMS juge le risque de propagation vers les pays voisins particulièrement élevé.

Le manque de véhicules aggrave encore la situation sur le terrain. Seuls cinq ambulances restent disponibles au Nord-Kivu, tandis que dix véhicules supplémentaires sont réclamés dans le Haut-Uélé. L’OMS mise désormais sur les associations de motards locaux pour renforcer la surveillance épidémiologique. Ces conducteurs, très exposés au virus, pourraient devenir des relais essentiels de signalement des cas suspects.

Les autorités sanitaires poursuivent en parallèle leurs campagnes de sensibilisation communautaire. L’objectif est de restaurer la confiance entre les équipes médicales et les populations touchées, condition jugée indispensable pour enrayer la propagation du virus.

Prudence AGBALETI

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