A LA UNE MALI Société SOMALIE

Sahel, Afrique centrale et Corne : les djihadistes gagnent du terrain

Selon un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU, les groupes djihadistes renforcent leurs capacités militaires et financières sur trois fronts africains. Le Sahel, l’Afrique centrale et la Corne de l’Afrique sont particulièrement touchés. Plusieurs médias internationaux confirment les tendances majeures décrites dans ce rapport.

Le Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM) reste le groupe le plus actif d’Afrique de l’Ouest. Il compterait entre 7 000 et 8 000 combattants, dont près de la moitié basés au Mali.

Le 25 avril, le JNIM a lancé une offensive coordonnée avec le Front de libération de l’Azawad (FLA). Les deux groupes ont frappé simultanément Bamako, Kati, Gao, Kidal et Mopti.

L’objectif visait à accroître la pression sur Bamako plutôt qu’à prendre immédiatement la capitale. Le ministre malien de la Défense a été tué lors d’une attaque à la voiture piégée à Kati.

Le groupe aurait subi de lourdes pertes, notamment au sein de la Katiba Macina. Ses revenus, tirés des rançons, atteindraient environ 50 millions de dollars en 2025, redistribués entre les katibas et AQMI.

Au Burkina Faso, plus de 130 attaques ont été revendiquées depuis janvier, avec une progression vers Ouagadougou. Le Niger a recensé plus de 17 attaques, et le nord du Bénin en compte six.

L’État islamique étend son influence au Sahel et au Nigeria

L’État islamique au Grand Sahara (EIGS), fort d’environ 2 000 combattants, serait responsable de 75 % des attaques revendiquées au Niger cette année. Le 29 janvier, une attaque a visé l’aéroport de Niamey, détruisant plusieurs appareils militaires.

La rivalité entre l’EIGS et le JNIM s’est intensifiée, avec des combats meurtriers entre février et avril. L’EIGS aurait aussi étendu son recrutement vers le Nigeria, notamment les États de Kebbi et Zamfara.

L’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) a revendiqué plus de 174 attaques entre janvier et mai, en nette hausse par rapport à 2025. Le groupe aurait acquis une trentaine de drones commerciaux à la mi-février.

Son chef, Abou Bilal al-Minuki, a été tué le 16 mai lors d’une opération conjointe entre les forces nigérianes et américaines à Metele, dans l’État de Borno. Il était présenté comme le numéro deux mondial de l’organisation, une information confirmée par plusieurs sources internationales.

Le rapport signale également une recrudescence des affrontements entre Boko Haram et l’ISWAP. Plus de 400 personnes auraient été enlevées à Ngoshe début mars.

Les ADF progressent en République démocratique du Congo

En Afrique centrale, les Forces démocratiques alliées (ADF) compteraient entre 1 500 et 2 000 membres en RDC. Leur chef, Musa Baluku, se serait replié vers le camp de Dimba, dans le Haut-Uélé.

Plus de 80 attaques attribuées aux ADF ont fait plus de 400 morts entre janvier et mai. Le groupe étend désormais ses opérations vers le Haut-Uélé, une zone auparavant épargnée.

Début avril, 43 civils ont été tués à Bafwakao. Des attaques contre des sites aurifères ont fait plus de 50 morts à la mi-mars, avec une trentaine de personnes enlevées.

Au Mozambique, le groupe Ahl al-Sunna wal-Jama’a compterait entre 400 et 500 combattants dans la province de Cabo Delgado. Il tirerait des revenus de l’extorsion imposée aux pêcheurs locaux.

Al-Shabaab affaibli mais toujours actif en Somalie

Dans la Corne de l’Afrique, Al-Shabaab a réorienté ses activités vers des opérations plus ciblées. Le groupe a perdu plusieurs dirigeants entre décembre 2025 et février 2026.

Ses revenus mensuels à Mogadiscio auraient chuté, passant de 12-15 millions à 5-9 millions de dollars. Le rapport souligne des liens croissants entre Al-Shabaab et les Houthis yéménites.

En Afrique du Nord, AQMI compterait entre 200 et 300 combattants. En Algérie, une centaine de terroristes auraient été neutralisés, arrêtés ou se seraient rendus depuis janvier.

Prudence AGBALETI

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X