Des pirates somaliens ont détourné un pétrolier transportant des produits pétroliers au large du Yémen, a déclaré un responsable somalien de la sécurité maritime. Il s’agit du dernier incident en date d’une recrudescence de la piraterie ayant entraîné la saisie de six navires commerciaux depuis avril dans le golfe d’Aden et l’ouest de l’océan Indien.
Six pirates armés ont détourné le *M.T. Sibu 1*, battant pavillon érythréen, jeudi à environ 136 milles marins (252 kilomètres) à l’est d’Al-Mukalla (Yémen), et l’ont dirigé vers la côte du Puntland, en Somalie, a indiqué vendredi un responsable informé de l’incident.
Le *Sibu 1*, géré par la société Qatrat Alnada Almasi Ship Management basée aux Émirats arabes unis, avait été sanctionné l’année dernière par le département du Trésor américain ; il appartiendrait à une « flotte fantôme » iranienne utilisée pour transporter des produits pétroliers tout en cherchant à contourner les sanctions américaines.
Le pétrolier comptait 20 membres d’équipage à son bord : 16 Indiens, un Syrien, un Soudanais et un Irakien. La nationalité d’un membre d’équipage n’a pas été immédiatement connue. Le précédent port de départ du navire ainsi que sa destination prévue n’ont pas été précisés.
Ce détournement survient trois jours après la saisie par des pirates du *Lutuf*, un cargo polyvalent battant pavillon camerounais, au large des côtes somaliennes. Le navire transportait 10 membres d’équipage, dont six Indiens, un ressortissant turc, un ressortissant géorgien et deux agents de sécurité serbes, selon les rapports de suivi maritime.
Le *Sibu 1* est le sixième navire commercial détourné par des pirates somaliens depuis le 21 avril, date à laquelle le pétrolier *Honor 25*, battant pavillon des Palaos, avait été saisi au large de la Somalie. Les pirates se sont ensuite emparés du *Sward* le 26 avril, de l’*Eureka* le 2 mai, de l’*Asana* le 17 juillet et du *Lutuf* le 17 août.
Les attaques ont eu lieu de plus en plus loin des côtes somaliennes, notamment le détournement de l’Eureka alors qu’il était au mouillage au large du Yémen, et celui de l’Asana à environ 65 milles marins (120 kilomètres) au sud-ouest d’Al-Mukalla. Le Bureau maritime international a recensé 38 incidents de piraterie et de vol à main armée dans le monde au cours du premier semestre 2026, dont cinq détournements de navires. Les pirates somaliens sont responsables de la prise en otage de 94 % des membres d’équipage durant cette période, a indiqué le bureau.
Le ministère de la Sécurité du Puntland a déclaré vendredi que ses enquêtes suggéraient que des forces échappant au contrôle du Puntland étaient à l’origine de cette recrudescence de la piraterie, sans toutefois désigner de groupe ou de pays spécifique. Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Le Puntland a annoncé avoir déployé des forces de sécurité le long de ses côtes et a condamné des frappes aériennes ayant, selon lui, visé des bateaux de pêche et des biens à proximité des communautés côtières où étaient retenus les navires détournés. Il a appelé les pays impliqués à s’expliquer sur les frappes survenues près de Garacad les 18 et 20 août.
Le ministère n’a pas précisé qui avait mené ces frappes, et ces allégations n’ont pas pu être confirmées de source indépendante.