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Algérie : les élections locales du 28 novembre sous un nouveau découpage

Le président Abdelmadjid Tebboune a convoqué le corps électoral algérien pour le scrutin local du samedi 28 novembre 2026. Cette élection sera la première organisée dans le cadre du nouveau découpage territorial du pays, désormais fixé à 69 wilayas.

Le président Abdelmadjid Tebboune a signé, dimanche 30 août, le décret présidentiel n° 26-284 du 29 août 2026 convoquant les électeurs pour renouveler les Assemblées populaires communales (APC) et de wilayas (APW). La loi électorale prévoit que cette convocation intervienne trois mois avant le scrutin. Une révision exceptionnelle des listes électorales se tiendra du dimanche 6 au jeudi 17 septembre 2026.

Ce scrutin sera le premier organisé dans le cadre du nouveau découpage administratif du pays, qui porte désormais l’organisation territoriale à 69 wilayas et 1 541 communes. La loi n° 26-06 fixant cette réorganisation a été promulguée en avril 2026, avec une période de transition prévue jusqu’à la fin de l’année. Onze nouvelles wilayas ont ainsi été créées à partir des anciennes wilayas déléguées.

Contrairement à ce que le calendrier électoral pouvait laisser craindre, la répartition des sièges dans les nouvelles circonscriptions est déjà connue. Le décret exécutif n° 26-282 du 24 août 2026, publié au Journal officiel deux jours avant la convocation du corps électoral, a fixé à 2 855 le nombre total de sièges à pourvoir dans les 69 APW. Les nouvelles wilayas disposent désormais chacune de leur propre assemblée, avec des écarts marqués selon leur poids démographique.

Les membres des APC et des APW seront élus pour cinq ans au scrutin de liste, à la représentation proportionnelle avec vote préférentiel et sans panachage. Les listes devront présenter un nombre de candidats supérieur de sept au nombre de sièges à pourvoir lorsque celui-ci est impair, et de six lorsqu’il est pair.

La législation impose à chaque liste un tiers de candidates, au moins la moitié de candidats âgés de 40 ans ou moins, et un tiers de titulaires d’un niveau d’enseignement universitaire. L’obligation de représentation féminine ne s’applique toutefois pas aux communes de moins de 20 000 habitants, une dérogation qui pourrait réduire la présence des femmes dans une partie des assemblées rurales.

Dans les wilayas nouvellement créées, les listes présentées par des partis politiques seront dispensées de la collecte de signatures dès lors qu’elles remplissent l’une des conditions liées aux résultats obtenus lors des précédentes élections ou à leur représentation dans la wilaya mère. Cette mesure vise à faciliter la transition administrative, mais elle pourrait avantager les formations déjà implantées.

L’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), présidée depuis le 24 août par Saad Arous, sera chargée de préparer, superviser et contrôler l’ensemble du scrutin. La convocation des électeurs lance formellement le processus électoral, dans un contexte où la réforme territoriale s’applique à quelques semaines du dépôt des candidatures.

Prudence AGBALETI

 

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