La Guinée-Bissau a approuvé la nouvelle Constitution par voie de référendum, selon les résultats provisoires communiqués mardi ; ce texte renforce les pouvoirs présidentiels et modifie les règles électorales en vue de l’élection présidentielle prévue pour le mois de décembre.
Ce pays d’Afrique de l’Ouest, dirigé par des militaires ayant pris le pouvoir lors d’un coup d’État en novembre dernier, a voté dimanche en faveur de réformes autorisant le président à nommer et révoquer le Premier ministre ainsi que les membres du gouvernement, à créer ou supprimer des ministères et à dissoudre le Parlement en cas de crise politique grave.
En vertu de la Constitution actuelle, le parlement de la Guinée-Bissau désigne un Premier ministre, lequel nomme un gouvernement.
Ce résultat confère au gouvernement militaire le soutien nécessaire pour refondre le système politique bissau-guinéen avant l’élection présidentielle, bien que le principal parti d’opposition ait boycotté le scrutin.
La nouvelle Constitution a été approuvée par 70 % des votants, contre 30 % d’avis défavorables, selon les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale. Celle-ci a également indiqué que quelque 544 060 personnes avaient voté, soit près de 60 % des électeurs inscrits.
Le PAIGC, principal parti d’opposition de Guinée-Bissau, a appelé ses partisans à boycotter le référendum, affirmant que le processus manquait de garanties politiques et institutionnelles adéquates.
Le dirigeant du PAIGC, Domingos Simões Pereira, a déclaré dans un message vidéo que les promoteurs du référendum cherchaient à « tuer notre liberté et enterrer notre démocratie ».
La Constitution réduira la taille du Parlement de 102 à 65 sièges et ramènera le nombre de circonscriptions électorales de 29 à 12.
Elle impose en outre aux candidats à la présidence d’avoir résidé de manière ininterrompue en Guinée-Bissau au cours des cinq années précédentes.