L’ancien président du Sénat malgache, le général Richard Ravalomanana, a été condamné mardi à dix ans de travaux forcés. La Cour criminelle d’Antananarivo l’a reconnu coupable de complicité de meurtre et de coups et blessures volontaires, en lien avec la répression des manifestations de 2025.
L’ancien président du Sénat malgache, le général Richard Ravalomanana, a été condamné mardi 1er septembre 2026 à dix ans de travaux forcés par la Cour criminelle ordinaire d’Anosy, à Antananarivo. Il a été reconnu coupable de complicité de meurtre et de complicité de coups et blessures volontaires. Le verdict est tombé au terme d’une audience de près de six heures au palais de justice.
L’ancien haut responsable de la Gendarmerie était poursuivi pour son rôle présumé dans la répression des manifestations qui avaient secoué Madagascar en septembre et octobre 2025. Selon l’accusation, Richard Ravalomanana aurait donné des instructions aux forces de l’ordre pour réprimer les manifestants du mouvement Gen Z. Le chef d’accusation relatif à une menace de meurtre n’a en revanche pas été retenu, celui-ci étant frappé de prescription.
Selon les Nations unies, vingt-deux personnes ont été tuées et une centaine d’autres blessées durant ce soulèvement, qui a débuté le 25 septembre 2025 pour protester contre des coupures d’eau et d’électricité. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, avait dénoncé l’usage de balles réelles par certains officiers. Ce mouvement a précipité la chute du président Andry Rajoelina, le 14 octobre 2025.
À l’époque des faits reprochés, Richard Ravalomanana dirigeait le Sénat et figurait parmi les responsables proches de l’ancien président. Il avait été démis de ses fonctions de président du Sénat le 12 octobre 2025, avant de perdre son mandat de sénateur. Il avait ensuite été arrêté le 27 décembre 2025, puis placé en détention provisoire à partir du 19 janvier 2026.
La justice malgache s’était également penchée sur une autre procédure visant l’ancien président du Sénat pour des faits présumés de corruption. Dans une décision rendue le 3 mars 2026, la Haute Cour constitutionnelle avait confirmé que ces infractions relevaient de la compétence du Pôle anti-corruption, les jugeant détachables de l’exercice de ses fonctions de président du Sénat.
La défense de Richard Ravalomanana conteste la décision rendue mardi. Son avocat, Me Lazatiana Razafimamonjy, a annoncé son intention de faire appel. Connu pour porter un chapeau de cow-boy et arborer ses médailles militaires, l’ancien général était devenu, pour les manifestants de la génération Z, le symbole d’un pouvoir jugé autoritaire.
Prudence AGBALETI