Le président ghanéen John Dramani Mahama a appelé, à Belgrade, le Mouvement des non-alignés à passer des déclarations à l’action concrète. Il réclame notamment une réforme profonde du Conseil de sécurité de l’ONU pour y intégrer l’Afrique de façon permanente.
Le président ghanéen John Dramani Mahama s’est exprimé mardi 1er septembre 2026 à Belgrade, lors de la réunion commémorative de haut niveau marquant le 65e anniversaire du Mouvement des non-alignés (MNA). Il a estimé qu’il n’était plus acceptable que l’Afrique demeure exclue de la représentation permanente au Conseil de sécurité des Nations unies. Le sommet, placé sous le thème « L’héritage du non-alignement : leçons pour le monde d’aujourd’hui », réunissait des délégations de plus de trente pays d’Afrique, d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine.
Pour le chef de l’État ghanéen, le MNA, qui compte aujourd’hui 120 États membres et représente la majorité de la population mondiale, doit préserver son autonomie stratégique. Il a appelé le mouvement à transformer son poids collectif en une véritable influence géopolitique, plutôt qu’à rester passif face aux injustices internationales.
Mahama a rappelé le rôle historique du Ghana dans la fondation du mouvement en 1961, aux côtés du président yougoslave Josip Broz Tito, du Premier ministre indien Jawaharlal Nehru, du président égyptien Gamal Abdel Nasser et du président indonésien Sukarno.
S’appuyant sur la pensée du premier président ghanéen, Kwame Nkrumah, qui déclarait : « Nous ne regardons ni vers l’Est ni vers l’Ouest ; nous regardons vers l’avenir », il a appelé à redéfinir le non-alignement dans un contexte international marqué par de profondes divisions. « Nos déclarations doivent se traduire par des actions diplomatiques concrètes », a-t-il souligné.
Selon un rapport diffusé par le Groupe APO au nom de la présidence ghanéenne, John Mahama a appelé à une restructuration urgente des institutions de gouvernance mondiale, avec une attention particulière portée au Conseil de sécurité de l’ONU. Il a jugé dépourvue de légitimité une architecture internationale qui continue d’exclure l’Afrique d’une représentation permanente au sein de cet organe.
Le président ghanéen a réaffirmé le soutien de son pays à la Position commune africaine consacrée par le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Celle-ci réclame des sièges permanents pour l’Afrique au Conseil de sécurité, assortis d’un droit de veto, ainsi qu’une augmentation du nombre de sièges non permanents attribués au continent.
Mahama a également évoqué l’adoption de la résolution A/RES/80/250 de l’Assemblée générale de l’ONU, reconnaissant l’esclavage comme un crime grave contre l’humanité. Il y voit une illustration de la capacité des pays du Sud à obtenir des avancées lorsqu’ils unissent leurs forces, et a exhorté les membres du MNA à capitaliser sur cette dynamique. « Le monde d’aujourd’hui a besoin d’un système multilatéral plus fort, plus représentatif et plus à l’écoute », a-t-il déclaré.
Prudence AGBALETI