Les frappes de drones se multiplient au Soudan. L’ONU dénonce des bilans lourds parmi les civils au Kordofan, au Nil Bleu et au Darfour. Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a tiré l’alerte. Il a évoqué une situation qui se détériore rapidement dans plusieurs régions.
Entre janvier et mai 2026, plus de 1 000 civils ont été tués par des drones. Le chiffre a été donné à l’ouverture du Conseil des droits de l’homme à Genève. À Kalogi, dans le Kordofan du Sud, des frappes attribuées aux FSR ont tué 114 personnes. Environ 60 enfants figurent parmi les victimes. À Ad-Da’ein, dans le Darfour oriental, des frappes attribuées aux FAS ont fait au moins 70 morts. Un grand hôpital a été détruit. À Yabus, dans le Nil Bleu, des drones ont visé le marché principal et les infrastructures hydrauliques.
El-Obeid, dans le Kordofan du Nord, subit des attaques répétées depuis juillet et août 2026. Les réseaux électriques et les stations-service ont été touchés. Conséquence : l’accès à l’eau, aux soins et aux transports est gravement perturbé. Une maternité a même suspendu ses activités après des dégâts sur ses blocs opératoires.
Volker Türk parle d’un risque « imminent » pour les civils. Il cite le Kordofan, le Nil Bleu, le Darfour du Nord et de l’Ouest. « Il faut un cessez-le-feu immédiat, la fin de toute ingérence étrangère et le retour à un régime civil inclusif », a-t-il insisté.
Le conflit dure depuis avril 2023. Il oppose les Forces armées soudanaises aux Forces de soutien rapide. Il entre désormais dans sa quatrième année. L’ONU décrit la pire crise humanitaire au monde. Le bilan humain est massif. Environ 13 millions de Soudanais ont fui leur foyer depuis 2023 dont 8,7 millions de déplacés internes. Près de 4,5 millions de personnes ont cherché refuge dans les pays voisins.
Les experts de l’ONU dénoncent des violations graves du droit international humanitaire. Elles pourraient constituer des crimes de guerre. Ils pointent aussi le rôle des soutiens extérieurs qui renforcent les capacités en drones des deux camps.
Prudence AGBALETI