Le Nigéria a réaffirmé, au 18e sommet des BRICS à New Delhi, sa volonté de renforcer sa coopération en matière d’investissement et de technologie. Pays partenaire du groupe depuis janvier 2025, il plaide aussi pour une meilleure représentation de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.
Le Nigéria a participé dimanche 13 septembre 2026 au 18e sommet des BRICS à New Delhi, en Inde. Le pays a rejoint le groupe comme pays partenaire en janvier 2025, un statut qui lui permet de participer aux réunions sans en être membre à part entière. Le président Bola Tinubu, retenu au pays, s’est fait représenter par le vice-président Kashim Shettima.
Une importante délégation nigériane accompagnait le vice-président à New Delhi. Elle comprenait la ministre des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, et la ministre de l’Industrie et du Commerce, Jumoke Oduwole. Le ministre des Communications, Bosun Tijani, et celui de l’Environnement, Balarabe Lawal, en faisaient également partie.
Dans un discours lu par Kashim Shettima, Abuja a salué la présidence indienne des BRICS pour 2026. Le thème du sommet portait sur la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité. Le Nigéria entend tirer parti de cette coopération pour renforcer sa stabilité économique. Il souhaite aussi diversifier sa production et développer ses infrastructures, dans le cadre de son programme économique, le Renewed Hope Agenda.
Abuja a identifié plusieurs secteurs prioritaires pour cette coopération. Il s’agit notamment du commerce, de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de l’énergie. Les infrastructures, l’industrie manufacturière, la santé et les minerais critiques figurent aussi sur la liste. Le gouvernement souhaite surtout accélérer les transferts de technologies et la transformation locale des matières premières.
La délégation nigériane cherchait également à relancer les échanges commerciaux avec l’Inde. Ces échanges avaient atteint 14 milliards de dollars par le passé. La ministre Jumoke Oduwole a évoqué une volonté de développer à nouveau les exportations de pétrole brut vers l’Inde.
Avec une population estimée à 250 millions d’habitants, le Nigéria considère sa jeunesse comme un moteur de son développement. L’âge moyen de la population y est de 16,9 ans. Le pays mise sur la formation aux compétences numériques et l’entrepreneuriat. Il s’appuie sur plusieurs programmes nationaux, dont 3MTT et Project BRIDGE.
Abuja souhaite approfondir la coopération avec les BRICS dans l’intelligence artificielle et les infrastructures numériques. Les fintech, les télécommunications et la cybersécurité figurent aussi parmi les priorités. « Une nation qui ne possède aucune technologie risque de louer son avenir », a souligné le président Tinubu. Il a appelé les pays en développement à produire leurs propres technologies.
Le Nigéria a invité les investisseurs des BRICS à considérer son territoire comme une porte d’entrée vers l’Afrique. Il a mis en avant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) dans ce contexte.
Sur le plan de la gouvernance mondiale, le pays défend une réforme du Conseil de sécurité des Nations unies. Il plaide aussi pour une réforme du système financier international. Pour Abuja, les BRICS constituent un espace pour renforcer la voix du Sud global. Le Nigéria souhaite désormais que la coopération passe « du dialogue à l’action », avec des résultats mesurables.
Prudence AGBALETI