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Maroc : la Génération Z 212 tente sa chance dans les urnes

Le Maroc renouvelle mercredi 23 septembre les 395 sièges de sa Chambre des représentants. C’est le premier scrutin national depuis les trois semaines de manifestations menées par la Génération Z 212 à l’automne 2025.

À Casablanca, Younes Belaidi, 29 ans, avait pris part au mouvement de la Génération Z qui avait secoué le Maroc pendant trois semaines à l’automne 2025. Militant depuis onze ans sur les questions de justice sociale, de jeunesse et de genre, il coordonne également le secteur étudiant du Parti du progrès et du socialisme (PPS) au niveau national. Il se présente désormais sous les couleurs de ce parti, dans la circonscription d’Aïn Chock, à Casablanca, qui compte trois sièges à pourvoir.

« Nous n’avons aucun problème avec les partis politiques ni avec le gouvernement », explique Younes Belaidi. Il les considère comme des outils essentiels pour gouverner l’État. « Nous devons chercher où se situe le problème », ajoute-t-il, appelant les jeunes à se mobiliser massivement pour le résoudre par les urnes plutôt que dans la rue.

Le mouvement Génération Z 212 avait réclamé, à l’automne 2025, la démission du Premier ministre Aziz Akhannouch. Les manifestants dénonçaient une classe dirigeante jugée plus soucieuse d’infrastructures de prestige, comme les stades pour la Coupe du monde 2030, que des services publics de santé et d’éducation. Cette demande de démission n’a pas été satisfaite. Le gouvernement a toutefois annoncé, dans les mois suivants, des hausses des budgets de la santé et de l’éducation, ainsi que des mesures destinées à encourager la candidature de jeunes aux élections.

Ce scrutin de mercredi constitue donc le premier test électoral national depuis ce mouvement de contestation. Près de 16 millions d’électeurs sont appelés aux urnes. Le scrutin se déroule dans un cadre électoral réformé, avec de nouvelles dispositions sur les candidatures, le financement politique et la représentation des femmes et des jeunes.

Malgré une forte croissance de 5 % en 2025, le taux de chômage s’est établi à 13 %, selon les données officielles. Les jeunes représentent une part limitée du corps électoral : 15 % des inscrits ont entre 25 et 34 ans, et seulement 4 % entre 18 et 24 ans. Les inégalités sociales et territoriales restent un enjeu majeur au Maroc. Fin juillet 2025, les tentatives massives de jeunes Marocains de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta avaient déjà mis en lumière leur manque de perspectives.

La coalition gouvernementale dirigée par Aziz Akhannouch joue gros dans ce scrutin, dominé par la question des inégalités sociales et des disparités territoriales. C’est le roi Mohammed VI qui désignera, comme le prévoit la Constitution, le chef du prochain gouvernement. Celui-ci sera issu du parti arrivé en tête aux législatives.

Prudence AGBALETI

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