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Djibouti : un journaliste et son fixeur introuvables depuis samedi

Le journaliste sud-africain Micah Reddy et son fixeur local sont portés disparus à Djibouti depuis samedi 19 septembre. Le Consortium international des journalistes d’investigation, qui l’emploie, se dit « gravement préoccupé » pour leur sécurité.

Le journaliste sud-africain Micah Reddy, coordinateur pour l’Afrique du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), est porté disparu à Djibouti depuis samedi 19 septembre 2026. Son fixeur local, Mohamed Willo Ismael, plus connu sous le nom de « Kooki Mahmoud », est également introuvable depuis la même date.

Micah Reddy était arrivé à Djibouti jeudi vers 18h30, sur un vol en provenance de Johannesburg avec une escale à Addis-Abeba. Il logeait à l’hôtel Escale International, dans la capitale, et prévoyait d’y rester trois jours au maximum, selon son rédacteur en chef basé à Washington, Fergus Shiel. Selon l’ICIJ, Reddy ne travaillait pas sur un sujet concernant Djibouti lui-même au moment de sa disparition.

Samedi vers 13 heures, heure locale, Reddy a envoyé un message à son rédacteur en chef indiquant que tout allait bien. Il précisait que son fixeur arrivait pour un rendez-vous prévu. Aucun contact n’a pu être établi avec les deux hommes depuis ce message.

L’épouse de Micah Reddy, Nicole Beardsworth, s’est dite « très inquiète ». Son frère, Niall Reddy, a indiqué à l’agence Reuters ne disposer d’aucune information claire sur sa situation. Sa mère, Tessa, a précisé que son fils n’exprimait aucune peur lors de leur dernier échange téléphonique samedi matin.

La famille a signalé la disparition à plusieurs autorités, dont Interpol, les autorités britanniques et le ministère sud-africain des Affaires étrangères. Le gouvernement sud-africain n’avait pas répondu, au moment des premières informations, aux demandes de commentaires.

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exprimé sa « profonde préoccupation ». Sa directrice pour l’Afrique, Angela Quintal, a précisé que le travail des deux hommes ne portait pas sur Djibouti. Elle a appelé les autorités djiboutiennes à établir leur localisation, à confirmer leur sécurité et à les libérer rapidement s’ils sont détenus. L’ICIJ et amaBhungane, l’organe d’investigation sud-africain où Reddy avait travaillé à partir de 2017, ont relayé cet appel.

Contacté par l’AFP, un responsable gouvernemental djiboutien a déclaré ne pas être au courant de l’affaire. Un haut responsable du parti au pouvoir a affirmé que les informations sur cette disparition n’étaient « pas vraies ». Les autorités djiboutiennes n’avaient, à ce stade, répondu à aucune des demandes officielles formulées par l’ICIJ.

Djibouti occupe la 168e place sur 180 au classement 2025 de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières. Le pays est par ailleurs classé « non libre » par Freedom House dans son rapport 2026, avec un score de 24 sur 100. Il est dirigé depuis 1999 par le président Ismaël Omar Guelleh, non soumis à limite de mandats.

Prudence AGBALETI

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