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Éthiopie : sept groupes armés main dans la main contre Abiy Ahmed

Sept groupes armés éthiopiens ont annoncé, dimanche, la formation d’une alliance baptisée « Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie ». Leur objectif affiché est de renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed et de mettre en place une transition.

Ils sont au total, sept groupes armés éthiopiens. Ils ont annoncé, dimanche 20 septembre 2026, la formation d’une alliance baptisée « Coalition des forces populaires éthiopiennes pour la survie ». La déclaration a été lue en direct sur la chaîne Tigray TV, dimanche en fin de journée, par Zemene Kassie, président du Mouvement national amhara des Fano. Selon les organisateurs, il doit présider la nouvelle coalition.

« Nous venons de former une alliance, nous coopérons avec plusieurs groupes et nos objectifs sont de renverser le régime et de faciliter la mise en place d’un gouvernement de transition », a déclaré à l’AFP Amanuel Assefa, vice-président du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF). Selon lui, les membres de l’alliance discutaient depuis plus d’un an. Les autorités fédérales n’ont pas réagi dans l’immédiat aux sollicitations de l’AFP.

L’alliance regroupe le TPLF, le Mouvement national amhara des Fano et l’Armée de libération oromo (OLA). Quatre autres organisations en font également partie : le Front de libération nationale de l’Ogaden, le Front uni révolutionnaire démocratique afar, le Mouvement de libération du peuple Benishangul et le Mouvement démocratique du peuple Gumuz.

L’Éthiopie, pays d’environ 130 millions d’habitants, est confrontée depuis plusieurs années à des conflits armés, notamment dans l’Oromia et l’Amhara. Dans l’Oromia, la région la plus peuplée du pays, les forces fédérales combattent depuis 2018 l’OLA, classée comme « organisation terroriste » par Addis-Abeba. Les Fano, milices amhara d’autodéfense, ont pris les armes contre le gouvernement en 2023.

Cette annonce intervient à un moment particulièrement sensible pour le Tigré. Les tensions entre le gouvernement fédéral et le TPLF se sont intensifiées ces derniers mois. Les deux camps auraient déployé des troupes près de la frontière de la région, ravivant les craintes d’une reprise du conflit après l’accord de Pretoria de 2022. Le gouvernement fédéral a par ailleurs récemment annoncé que près de 300 combattants du TPLF s’étaient rendus, remettant leurs armes et munitions.

Pour l’analyste Kjetil Tronvoll, du Oslo New University College en Norvège, les groupes ne disposent pas encore des capacités nécessaires pour mener un conflit prolongé face aux forces fédérales, notamment équipées de nombreux drones. Il qualifie cette entreprise de « guerre sacrificielle pour les rebelles ». Une coordination militaire pourrait toutefois contraindre le gouvernement à faire face à quatre ou cinq fronts potentiels, selon lui.

Cette alliance rassemble des groupes qui se sont affrontés par le passé. Les Fano avaient notamment combattu aux côtés des forces fédérales durant la guerre du Tigré, entre 2020 et 2022, un conflit qui a fait au moins 600 000 morts selon l’Union africaine. Le Tigré occidental constitue également un important sujet de contentieux entre Tigréens et Amhara. La zone est actuellement administrée par des nationalistes amhara.

« Nous nous mettrons autour de la table plus tard pour résoudre nos problèmes pacifiquement », a assuré Amanuel Assefa. Mais selon Kjetil Tronvoll, les divergences politiques entre les différents groupes pourraient devenir un obstacle majeur en cas de renversement du gouvernement. « Les idéologies et les objectifs politiques actuels du Tigré, du Fano et de l’OLA ne semblent pas conciliables dans une éventuelle phase de l’après-Abiy », estime-t-il.

Prudence AGBALETI

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