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Soudan : sans visa, Burhan renonce à parler à l’ONU

Le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise, n’a pas obtenu de visa américain à quelques heures de son intervention prévue devant l’Assemblée générale de l’ONU. Washington conditionnerait sa délivrance à son adhésion à un cessez-le-feu de 90 jours, ce que Khartoum conteste.

Le général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l’armée soudanaise, devait s’exprimer jeudi devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Il n’avait toujours pas obtenu son visa d’entrée aux États-Unis à la veille de son intervention prévue. Selon Reuters, la délivrance de ce visa semble conditionnée à l’accord de Burhan sur un cessez-le-feu de 90 jours, proposé par Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires arabes et africaines.

L’armée soudanaise avait déjà émis des réserves sur cette proposition de cessez-le-feu au cours de l’été 2026. Burhan aurait rejeté la condition posée par Washington. Selon une source proche du dossier, il aurait reporté son voyage à New York, sans avoir reçu de notification officielle de refus de visa.

L’ambassadeur du Soudan auprès des Nations unies, Al-Harith Idriss Al-Harith Mohamed, a adressé le 21 septembre une lettre au secrétaire général António Guterres. Il y demande une « intervention immédiate » auprès des autorités américaines. « Si cette situation persiste, cela empêcherait de fait le chef d’État d’un État membre des Nations unies de participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale », précise la lettre.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a indiqué que le secrétaire général était « profondément préoccupé » par cette absence de visa. Il a précisé que le Secrétariat avait immédiatement soulevé la question auprès des autorités américaines et continuait d’échanger avec elles. Selon une source soudanaise, c’est le ministre des Affaires étrangères, Mohieldin Salem, qui devrait finalement prononcer le discours à la tribune à la place de Burhan.

Selon Reuters, le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, aurait déclaré mardi que ni les Forces armées soudanaises, ni les Forces de soutien rapide (RSF), ni leurs dirigeants respectifs ne représentent une gouvernance légitime et constitutionnelle pour le Soudan. Les États-Unis avaient déjà sanctionné des chefs des RSF en janvier 2025, les accusant de déstabiliser le pays.

Le Soudan est en proie à la guerre depuis avril 2023. Le conflit oppose l’armée dirigée par Abdel Fattah al-Burhan, à la tête du pays depuis 2019, aux Forces de soutien rapide du général Hamdan Daglo, dit Hemedti. Ce dernier a mis en place un gouvernement rival, qui peine jusqu’ici à obtenir une reconnaissance internationale. La guerre a provoqué, selon l’ONU, la pire crise humanitaire au monde.

Prudence AGBALETI

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