Le Rwanda et la Belgique ont annoncé, mardi 22 septembre à New York, le rétablissement de leurs relations diplomatiques, rompues depuis mars 2025. Cette réconciliation intervient quelques jours seulement après une rencontre belgo-congolaise chaleureuse à Bruxelles.
Le Rwanda et la Belgique ont décidé, mardi 22 septembre 2026, de rétablir leurs relations diplomatiques. La décision a été prise à New York, en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, à l’issue de discussions entre les ministres des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe et Maxime Prévot. « Les deux pays ont décidé ensemble ce 22 septembre 2026 de rétablir leurs relations diplomatiques. À cet effet, les ambassades bilatérales respectives seront rouvertes dans un délai rapproché », ont écrit les deux ministères dans un communiqué conjoint.
« Dans un monde marqué par des tensions croissantes, c’est un signal important ici à New York, ville hôte de l’ONU, qui incarne le multilatéralisme et le dialogue au-delà de nos différences », a écrit Maxime Prévot sur X. Il a évoqué « l’aboutissement d’un processus de discussions franches » avec son homologue rwandais.
Les deux ambassades fonctionneront d’abord avec des équipes réduites. Elles seront dirigées par des chargés d’affaires ad interim, assistés d’un diplomate ou d’un agent consulaire et d’une petite équipe technique. La nomination de nouveaux ambassadeurs interviendra plus tard, après les demandes d’agrément d’usage.
Cette annonce a pris de court certains observateurs. Le 16 septembre encore, Olivier Nduhungirehe se montrait prudent : « Nous n’avons pas encore pris de décision, mais des discussions ont lieu entre le Rwanda et la Belgique. » Le passage, en moins d’une semaine, de cette réserve à la réouverture annoncée des ambassades suggère que les négociations étaient déjà bien avancées.
La rupture diplomatique entre Kigali et Bruxelles était intervenue le 17 mars 2025. Le Rwanda avait alors accusé la Belgique d’une « mobilisation systématique » contre lui « dans différents forums », en utilisant, selon Kigali, « mensonges et manipulations pour créer une opinion hostile injustifiée ». Maxime Prévot avait à l’époque qualifié cette rupture de « disproportionnée », regrettant que le Rwanda préfère ne pas dialoguer en cas de désaccord. L’Union européenne avait, dans la foulée, sanctionné neuf personnalités rwandaises et congolaises liées au conflit, dont trois hauts gradés rwandais et le chef du M23, Bertrand Bisimwa.
La reprise des relations ne signifie pas la disparition des divergences sur la crise dans l’est de la RDC. Maxime Prévot a indiqué que Bruxelles continuerait de défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale congolaises, et d’exiger le respect des engagements pris dans le cadre des processus de paix de Doha et de Washington. Les sanctions européennes existantes restent, à ce stade, maintenues.
Cette réconciliation intervient dans un contexte diplomatique particulier pour Kinshasa. Elle survient quelques jours seulement après une rencontre belgo-congolaise décrite comme chaleureuse à Bruxelles, et alors que la marche de l’opposition C64 avait été marquée par des violences en RDC. Selon une analyse publiée par Congo Confidentiel, ce rapprochement prend Kinshasa quelque peu à contre-pied, Kigali obtenant plusieurs résultats concrets, dont le retour des ambassadeurs et un dialogue politique régulier, sans concession publique préalable annoncée de sa part.
Prudence AGBALETI