Le corps d’une onzième femme a été retrouvé dimanche à Springs, dans la municipalité d’Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg. Un suspect a été arrêté la veille dans l’affaire de la dixième victime, mais la police n’a établi aucun lien formel entre les dossiers.
La police a annoncé, dimanche 27 septembre 2026, avoir découvert le corps d’une onzième femme dans la municipalité d’Ekurhuleni depuis le mois de juillet. Le corps a été retrouvé vers midi dans un terrain vague, près de la route Rhokana et d’une voie ferrée, à Springs. Un véhicule d’une société de sécurité en patrouille l’a repéré et a alerté les autorités.
Le commissaire de la police provinciale du Gauteng, le lieutenant-général Tommy Mthombeni, s’est rendu sur place. Il a indiqué que la victime était âgée d’une vingtaine d’années et qu’elle avait été tuée récemment. Elle était vêtue, seul son haut ayant été écarté. Selon lui, des éléments suggèrent qu’une lutte a pu avoir lieu. L’identité de la jeune femme et les causes de sa mort n’étaient pas encore établies. Certains médias évoquent une possible strangulation, sans confirmation officielle.
Cette découverte est intervenue un jour après celle d’une autre victime, Ntombifuthi Nxumalo, retrouvée samedi 26 septembre dans le cimetière de Mooifontein, à Tembisa. Son corps était nu, avec de graves blessures à la tête, et des pierres ont été retrouvées autour de lui. Selon les premiers éléments de l’enquête, elle avait passé la soirée dans une taverne avec une connaissance avant de quitter les lieux en compagnie d’un homme non identifié. Des riverains ont dit avoir entendu une femme crier et supplier vers 23 heures.
Un suspect a été arrêté à Tzaneen, dans la province du Limpopo, à près de 400 kilomètres de là, samedi vers 23 heures. Il avait quitté Tembisa après les faits. Cette arrestation porte à quatre (4) le nombre de personnes actuellement détenues dans le cadre des enquêtes sur ces meurtres. La commissaire nationale par intérim, la générale Puleng Dimpane, a salué la rapidité de l’équipe pluridisciplinaire à l’origine de cette interpellation.
Le lieutenant-général Mthombeni a toutefois précisé que la police n’avait pas confirmé la présence d’un tueur en série visant les femmes dans la région, notamment en raison de cette arrestation. Les autorités soulignent qu’aucun lien formel n’a pour l’instant été établi entre les différentes affaires. Une équipe spéciale, avec des experts en psychologie criminelle et des enquêteurs du renseignement criminel, a été mobilisée sur les scènes de crime.
Ces morts suscitent néanmoins une inquiétude croissante : huit des onze corps ont été découverts au cours du seul mois de septembre. Plusieurs victimes ont été retrouvées partiellement ou entièrement dévêtues, tandis que certaines présentaient des signes d’agression sexuelle, selon la police. Une autre victime a par ailleurs été retrouvée à Soweto, hors d’Ekurhuleni, ce qui porte à douze le nombre total de corps découverts dans la région.
Cette enquête intervient alors que l’Afrique du Sud est confrontée depuis des années à un problème persistant de violences fondées sur le genre, déclaré crise nationale. Entre le 1er et le 16 septembre, le Centre national de lutte contre les violences fondées sur le genre a reçu 6 782 appels de détresse, soit une moyenne de plus de 400 appels par jour. Ce chiffre représente une hausse de 21 % par rapport à la même période en août.
Prudence AGBALETI