Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a affirmé à New York que son pays voulait réduire sa dépendance à l’aide humanitaire. Il s’exprimait devant le responsable des secours d’urgence de l’ONU, dont l’agence traverse une crise de financement.
Le Burkina Faso veut privilégier la mobilisation de ressources nationales et les appuis structurants pour réduire progressivement sa dépendance à l’aide humanitaire. C’est ce qu’a déclaré son ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, à New York. Il s’exprimait en marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, lors d’un entretien avec Tom Fletcher, sous-secrétaire général de l’ONU chargé des affaires humanitaires et coordinateur des secours d’urgence (OCHA). La rencontre a eu lieu dans la soirée du jeudi 24 septembre 2026.
« Nous ne sommes plus dans l’humanitaire pour l’humanitaire », a affirmé le chef de la diplomatie burkinabè. Selon lui, le Burkina Faso a mis en place des mécanismes de mobilisation de ressources nationales. Ils permettent de financer une partie des actions de relèvement en faveur des populations retournées dans les zones reconquises. « Ces mécanismes permettent de casser progressivement le cycle de l’aide humanitaire pour semer la graine de la résilience », a-t-il ajouté.
Tom Fletcher a, de son côté, présenté la situation financière d’OCHA. Elle est marquée, selon la délégation burkinabè, par une raréfaction historique et critique des ressources pour l’aide d’urgence. Cette baisse fait suite au départ de plusieurs bailleurs de fonds. Le ministre a pris note de cette forte baisse des contributions volontaires. Il a indiqué que son pays attend désormais de ses partenaires des « appuis structurants », destinés à renforcer l’autonomie des bénéficiaires.
Cette position s’inscrit dans le discours plus large tenu par le Burkina Faso à New York. Lors d’une réunion de haut niveau consacrée au 40e anniversaire de la Déclaration sur le droit au développement, Karamoko Jean Marie Traoré a défendu un développement « endogène, souverain et durable ». Il a aussi appelé à réformer l’architecture financière internationale.
En marge de l’Assemblée générale, le ministre s’est également entretenu avec Vanessa Frazier, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour les enfants et les conflits armés. Ouagadougou a exprimé des réserves sur certains rapports onusiens consacrés à la situation des enfants au Burkina Faso. Il estime qu’ils ne reflètent pas suffisamment les réalités du terrain. « Il y a un gap entre le terrain et les rapports », a déclaré le ministre, appelant à une concertation sur les méthodes, les approches et les acteurs associés à l’évaluation de la situation.
Les deux responsables onusiens ont annoncé des visites techniques au Burkina Faso. Elles doivent leur permettre de mieux appréhender le contexte national et d’adapter les programmes de partenariat.
Prudence AGBALETI