Le Front populaire ivoirien (FPI) a été reçu lundi 28 septembre au ministère de l’Intérieur pour transmettre ses propositions sur la réforme électorale. Plutôt que de faire cavalier seul, le parti d’Affi N’Guessan a choisi de porter une position commune avec plusieurs autres formations d’opposition.
Le FPI a été invité, lundi 28 septembre 2026, au Cabinet du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité pour une séance de travail. Cette rencontre était consacrée au recueil des propositions écrites des forces politiques sur la réforme de la gouvernance électorale. La délégation du FPI était conduite par son président, Pascal Affi N’Guessan, accompagné du secrétaire général et porte-parole Barthélémy Gnepa, du vice-président Kouakou Krah, ainsi que de Gbambin Bi Tra, président de la Coalition pour l’alternance pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI).
Cette réforme fait suite à la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Créée par la loi n° 2001-634 du 9 octobre 2001, la CEI avait organisé et supervisé les élections nationales pendant plus de deux décennies, avant d’être dissoute face aux critiques répétées de la classe politique.
Le gouvernement, représenté notamment par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, propose depuis de la remplacer par un organe reposant sur trois piliers distincts : une entité technique chargée de la logistique électorale, un organe de supervision pour l’équité du processus, et une structure dédiée au recensement des résultats.
Plutôt que de faire cavalier seul, le FPI a notifié au ministre son engagement dans un processus de concertation élargi. Le parti d’Affi N’Guessan collabore à l’élaboration d’un document de propositions communes avec la CAP-CI, l’ADCI d’Assalé Tiémoko, et le groupement des partis signataires du projet de Haut Conseil électoral (HCE), porté par Simone Ehivet Gbagbo. Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de l’ancien président Laurent Gbagbo a également été sollicité pour rejoindre cette initiative.
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des positions exprimées par Affi N’Guessan ces derniers mois. Il avait notamment dénoncé, en juin, le caractère selon lui unilatéral d’une précédente séance d’information gouvernementale, où les participants n’avaient pas pu intervenir après la communication du Premier ministre.
Il avait alors plaidé pour une indépendance administrative et financière totale du futur organe électoral, estimant qu’« un organe est (difficilement) indépendant lorsque celui qui lui donne les moyens de fonctionner conserve une influence sur lui ».
Cette alliance stratégique entend peser sur les discussions avec le gouvernement. Les différents groupes ont annoncé que leur contribution commune serait officiellement transmise aux autorités dans les prochaines heures. Pour Affi N’Guessan, l’enjeu dépasse la seule technique électorale : il s’agit d’éviter que la Côte d’Ivoire ne revive les crises du passé et de garantir des scrutins organisés dans la confiance mutuelle et la stabilité.
Prudence AGBALETI