Le mouvement anti-immigration March and March a organisé, mercredi 30 septembre, des manifestations dans plusieurs provinces d’Afrique du Sud, et non à Durban seulement. Les marches dénonçaient à la fois les violences faites aux femmes et la présence de migrants sans papiers.
Le mouvement anti-immigration March and March a organisé, mercredi 30 septembre 2026, des manifestations dans plusieurs villes d’Afrique du Sud, notamment à Durban, Johannesburg, Pretoria et Le Cap. Cette journée avait été fixée, dès le mois d’août, comme une nouvelle échéance pour exiger le départ des migrants sans papiers, après un premier ultimatum resté sans effet le 30 juin.
Selon le porte-parole du mouvement, Sandile Dube, ce rendez-vous devait initialement se limiter à une journée d’action nationale contre l’immigration clandestine. Il a toutefois expliqué, à la veille de la mobilisation, que le mouvement ne pouvait ignorer la vague récente de violences faites aux femmes. Les manifestants brandissaient des pancartes appelant le gouvernement à renforcer la sécurité, à faire appliquer les lois sur l’immigration et à protéger les femmes.
La mobilisation intervient alors que les autorités enquêtent sur une série de meurtres de femmes. Au moins onze corps ont été retrouvés à Ekurhuleni, à l’est de Johannesburg, depuis juillet, suscitant une vive inquiétude.
« Nous nous inquiétions aussi de nos frontières poreuses et du fait que nos ressources, déjà insuffisantes, sont mises à rude épreuve », a déclaré Jacinta Ngobese-Zuma, la dirigeante du mouvement, lors de la marche de Durban. Elle a réclamé une intensification des expulsions de personnes en situation irrégulière.
À Durban, des manifestants défilaient armés de bâtons traditionnels zoulous, en chantant des chants culturels. La police n’a signalé aucun incident de violence contre des étrangers lors de cette journée précise. Les autorités avaient indiqué ne pas prévoir de dispositif particulier pour cette échéance, dépourvue de toute valeur légale.
Cette mobilisation ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs organisations de défense des droits ont dénoncé ce qu’elles qualifient d’hypocrisie du mouvement, rappelant que des membres de March and March auraient, par le passé, empêché des femmes migrantes enceintes d’accéder à des soins de santé et blessé de jeunes filles lors de précédentes marches. Un homme sud-africain aurait également été agressé à Durban après avoir été pris, à tort, pour un migrant. Le précédent grand rassemblement du mouvement, fin juin, avait donné lieu à plus de 900 arrestations et perturbé plusieurs commerces.
La veille de la manifestation, le dirigeant d’un collectif de réfugiés de Durban, Raphael Bahebwa, se serait caché après avoir reçu des menaces de mort. Selon un décompte de l’AFP fondé sur les chiffres communiqués par plusieurs gouvernements africains, plus de 200 000 personnes ont quitté l’Afrique du Sud depuis le début de l’année, dans le cadre de rapatriements organisés par leurs pays d’origine. Le président Cyril Ramaphosa a appelé au calme et à l’unité, tout en mettant en garde contre la xénophobie et la violence.
Prudence AGBALETI