Le Haut Commandement militaire bissau-guinéen a interdit, jeudi 1er octobre, le retour au pays de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Il invoque des raisons de sécurité, trois jours seulement avant la date annoncée pour son arrivée.
Le Haut Commandement militaire pour le rétablissement de la sécurité nationale et de l’ordre public a interdit, jeudi 1er octobre 2026, le retour en Guinée-Bissau de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Dans un communiqué publié à Bissau et référencé n° 07/ACM/2026, l’autorité militaire affirme avoir procédé à une analyse de la situation nationale et du contexte sécuritaire avant de prendre cette décision.
« Après analyse de la conjoncture nationale et du cadre sécuritaire actuel, il est considéré que les conditions de sécurité nécessaires pour garantir le retour sur le territoire national de l’ancien président de la République (…) ne sont, pour le moment, pas réunies », indique le texte.
En exil, Embaló avait annoncé son intention de rentrer le 4 octobre et de se présenter à l’élection présidentielle prévue le 6 décembre. L’armée invoque des impératifs de sécurité nationale, de maintien de l’ordre public et de prévention de tout acte susceptible de compromettre la stabilité du pays.
Elle met en garde contre tout acte de désobéissance à cette mesure, dont les auteurs s’exposeraient à des sanctions conformément aux dispositions légales en vigueur. Le Haut Commandement appelle par ailleurs la population et la communauté internationale au calme, afin de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité.
Cette annonce intervient dans un climat politique déjà tendu. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Agostinho Tonecas Djata, avait tenté de rassurer l’opinion dans les jours précédents, assurant qu’il n’existait « pas de situation alarmante au point de créer la panique à Bissau ». Il avait présenté certains mouvements de personnel au sein des forces de défense et de sécurité comme de simples affectations normales.
Ces épisodes ont néanmoins alimenté les interrogations sur les rapports de force au sein de l’appareil sécuritaire. Les restrictions sur les manifestations et les rassemblements politiques restent par ailleurs en vigueur dans le cadre de la Transition en cours.
L’armée avait pris le pouvoir fin novembre 2025, quelques jours après la présidentielle, renversant Umaro Sissoco Embaló et interrompant le processus électoral. Le général Horta N’Tam, devenu président de transition, a depuis fixé de nouvelles élections présidentielle et législatives. La Charte de la Transition lui interdit toutefois de briguer la présidence.
Depuis son indépendance en 1974, la Guinée-Bissau a connu cinq (5) coups d’État et plusieurs tentatives de putsch.
Prudence AGBALETI