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Mali : le CNT ouvre sa session budgétaire

Le Conseil national de Transition a ouvert, lundi 5 octobre à Bamako, sa session ordinaire d’octobre, prévue pour 75 jours. Le général Malick Diaw a rendu hommage à l’ex-ministre de la Défense Sadio Camara avant d’appeler à l’unité nationale face aux défis budgétaires.

Le Conseil national de Transition (CNT) a ouvert, lundi 5 octobre 2026 au Centre international de conférences de Bamako, sa session ordinaire d’octobre. La cérémonie s’est tenue en présence de membres du gouvernement, d’autorités administratives et militaires, ainsi que de représentants de la société civile. Cette session, dite « session budgétaire », durera 75 jours.

Le président du CNT, le général de corps d’armée Malick Diaw, a ouvert les travaux par un hommage à Sadio Camara, l’ancien ministre de la Défense tué lors des attaques coordonnées du 25 avril 2026. Il a ensuite évoqué le contexte difficile du pays, marqué par une guerre imposée par le terrorisme et des défis géostratégiques au Sahel.

Il a souligné la résilience du Mali face aux pénuries d’hydrocarbures et d’électricité, désormais presque résorbées, selon lui, grâce à l’action conjuguée du gouvernement, des transporteurs, des populations et des Forces armées maliennes.

« Plus d’une trentaine de projets de loi » ont été inscrits à l’ordre du jour des commissions, a indiqué Malick Diaw. Il s’agit de textes renvoyés lors de précédentes sessions ainsi que de nouveaux projets soumis par le gouvernement. Les questions liées à l’éducation, à l’innovation et au numérique figurent également parmi les orientations présentées lors de l’ouverture.

Cinq lois organiques feront l’objet d’une seconde délibération. Elles portent notamment sur la Cour constitutionnelle, la Cour suprême, la Cour des comptes, le Conseil supérieur de la magistrature et les langues nationales.

Ces textes avaient été soumis au contrôle de la Cour constitutionnelle ; leur réexamen doit permettre au CNT de prendre en compte les observations formulées par la juridiction avant leur promulgation. La création d’une Cour des comptes distincte de la Cour suprême figure parmi les principales innovations institutionnelles de la Constitution de 2023.

Le projet de loi de finances constitue le principal dossier de cette session. Adopté par le gouvernement le 18 septembre, il prévoit des recettes de 3 866,635 milliards de francs CFA en 2027, contre 3 372,895 milliards dans la loi de finances rectificative de 2026, soit une hausse de 14,64 %. Les dépenses sont projetées à 4 462,646 milliards de francs CFA, en progression de 11,75 %. Le déficit budgétaire devrait s’établir à 596,011 milliards de francs CFA, contre 620,425 milliards en 2026, soit une baisse de 3,93 %.

Les commissions du CNT examineront les crédits alloués aux différents programmes et auditionneront les membres du gouvernement avant le débat en séance plénière. Malick Diaw a qualifié le budget d’« acte politique majeur », soumis à la contrainte de la guerre et aux attentes sociales, estimant que le contrôle parlementaire doit viser l’efficacité de l’action publique. Il a appelé les conseillers à veiller à la cohérence entre les priorités annoncées, les ressources mobilisées et les résultats attendus.

Les débats devraient notamment porter sur les dépenses de défense ainsi que sur les crédits destinés à l’éducation, à la santé, à l’eau, à l’énergie et à l’emploi, dans un contexte marqué par la poursuite des opérations militaires et les difficultés économiques. En conclusion de son discours, Malick Diaw a appelé à l’unité et à la solidarité, notamment en ce mois d’octobre, avant de déclarer ouverte la session.

À titre de comparaison, la session d’octobre 2025 avait porté sur une vingtaine de projets et propositions de loi, dont plus de la moitié avaient été adoptés.

Prudence AGBALETI

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