Le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a appelé, mercredi à Ouagadougou, les pays africains à renforcer leur souveraineté informationnelle. Il s’exprimait à l’ouverture de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou.
Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a présidé mercredi 7 octobre 2026 l’ouverture de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO), à l’université Joseph-Ki-Zerbo. L’événement, qui se tient jusqu’au 9 octobre, réunit des professionnels de l’information et de la communication autour des défis liés à la désinformation et aux stratégies d’influence.
« L’Afrique doit désormais apprendre à parler d’elle-même », a déclaré le Premier ministre, qui représentait à cette rencontre le président Ibrahim Traoré.
Ancien journaliste et présentateur, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a notamment dirigé la télévision nationale burkinabè avant de devenir ministre de la Communication, puis Premier ministre par intérim en décembre 2024.
Pour lui, les pays africains doivent être capables de raconter leur histoire, d’expliquer leurs choix et de défendre leurs intérêts à travers leurs propres contenus. « Un peuple qui ne maîtrise pas son récit est un peuple vulnérable », a-t-il soutenu, soulignant que la capacité à produire, vérifier et diffuser l’information constitue « une composante essentielle » de la souveraineté globale.
Placée sous le thème « Dans un contexte de guerre communicationnelle, quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs de l’information et de la communication en Afrique ? », cette édition des UACO a ouvert ses travaux par un premier panel modéré par Zoumana Traoré. Les panélistes y ont notamment évoqué la stratégie burkinabè de maîtrise des récits, reposant sur le chef de l’État, le gouvernement et un outil d’études stratégiques, en lien avec les Bataillons d’intervention rapide de la communication (BIR-C), chargés de déconstruire les clichés et de contrer la désinformation.
En marge des UACO, le ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme a organisé, le même jour, le premier Forum des médias de la Confédération des États du Sahel (AES). Le parrain de cette rencontre, le président de la Commission nationale de l’AES, Bassolma Bazié, y a dénoncé l’utilisation de l’information comme une arme contre l’organisation sahélienne. « L’information est à l’esprit ce que la kalach est au front », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « l’information et la communication sont des balles ». Selon lui, certains acteurs chercheraient à « dénigrer, désinformer, manipuler » et « intoxiquer » l’opinion publique sur les pays membres de l’AES.
Le ministre Pingdwendé Gilbert Ouédraogo a, de son côté, invité les participants à proposer des réponses adaptées aux mutations du secteur, tout en préservant « l’intégrité, la crédibilité et la responsabilité » des acteurs de l’information. Il a aussi encouragé la mise en place d’un réseau des acteurs des médias de l’AES.
Prudence AGBALETI