Le Mali veut transformer localement au moins 10 % de sa production nationale de coton fibre. L’objectif a été présenté à New York, le 7 octobre, lors d’une rencontre organisée avec l’Inde à l’occasion de la Journée mondiale du coton.
Le représentant permanent du Mali auprès de l’ONU, Issa Konfourou, a présenté l’objectif malien de transformer localement au moins 10 % de la production nationale de coton fibre. Il s’exprimait le 7 octobre 2026 à New York, lors d’une rencontre coorganisée avec son homologue indien, Harish Parvathaneni, à l’occasion de la Journée mondiale du coton. La rencontre, placée sous le thème « Le coton au service du développement durable : moyens de subsistance, création de valeur ajoutée et partenariats », a réuni des représentants de pays producteurs et industrialisés.
Le Mali produit en moyenne 650 000 tonnes de fibre de coton par an depuis cinq ans, grâce à plus de quatre millions de producteurs. Lors de la campagne 2024-2025, il a produit 656 751 tonnes, derrière le Bénin (environ 669 000 tonnes) et devant le Burkina Faso (environ 300 000 tonnes). Issa Konfourou a aussi souligné l’ambition de l’Alliance des États du Sahel de renforcer la transformation locale des ressources, afin de créer de la valeur ajoutée et des emplois, notamment pour les jeunes et les femmes. Le calendrier et les modalités de financement de l’objectif malien restent toutefois à préciser.
Le Mali forme avec le Bénin, le Burkina Faso et le Tchad le groupe Coton-4 (C-4), créé à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour défendre les intérêts des producteurs africains. La Côte d’Ivoire s’est ensuite associée à leurs initiatives dans le cadre du C-4+. Ces pays avaient proposé en 2019 la création d’une journée consacrée au coton. L’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 7 octobre Journée mondiale du coton en 2021, par la résolution 75/318.
La transformation locale demeure très limitée. Selon l’OMC, environ 98 % du coton de la région C-4+ est encore exporté sous forme de fibre brute. Cette faible capacité représente un manque à gagner considérable : selon une tribune publiée par Jeune Afrique, la production de fil permettrait de doubler la valeur du coton, celle de tissu de base de la tripler, et celle de produits confectionnés de la multiplier par plus de neuf. Le Partenariat pour le coton, soutenu par plusieurs institutions internationales, prévoit de mobiliser cinq milliards de dollars sur dix ans pour développer les activités textiles et créer environ 500 000 emplois dans les pays du C-4+.
À l’échelle mondiale, la production de coton devrait atteindre 25,9 millions de tonnes durant la campagne 2026-2027, contre une consommation estimée à 25,2 millions de tonnes. Les échanges internationaux devraient reculer de 2,7 %, à 9,6 millions de tonnes, selon les projections présentées à l’OMC par le Comité consultatif international du coton.
Prudence AGBALETI