L’Afrique du Sud prévoit d’autoriser les entreprises non bancaires réglementées à se connecter directement à son infrastructure nationale de paiement à partir de 2027, ouvrant ainsi un système longtemps dominé par les banques aux fintechs, aux opérateurs télécoms et aux détaillants.
Pradeep Maharaj, directeur exécutif du programme de modernisation de l’écosystème des paiements de la Banque de réserve sud-africaine, a indiqué que les règles relatives aux activités de paiement et aux exemptions devraient être finalisées d’ici novembre. Reuters a rapporté que les participants agréés pourraient commencer à être opérationnels vers mars 2027, avant un lancement plus large en milieu d’année. Ce plan reste soumis à l’obtention des licences, aux tests et à l’intégration des systèmes.
L’accès direct modifierait le modèle d’intermédiaire
Dans le cadre actuel défini par la Banque de réserve, seules les banques peuvent participer au système de règlement. Les prestataires de services de paiement tiers s’enregistrent généralement auprès des banques, tandis que les participants au système de paiement doivent satisfaire aux exigences d’autorisation et d’exploitation.
La réforme proposée permettrait aux prestataires non bancaires éligibles de se connecter plus directement à l’infrastructure nationale de compensation et de règlement, sans passer par une banque. Cela pourrait modifier la définition des prestataires de services de paiement, mais ne supprime ni la supervision de la Banque de réserve ni l’obligation de respecter les normes réglementaires et techniques.
Réglementation et octroi de licences préalables au lancement
Le calendrier se décline en plusieurs étapes. Selon Maharaj, les règles encadrant les activités ainsi que les exemptions devraient être publiées d’ici novembre. Les candidats devront ensuite obtenir une licence, avant de procéder aux phases de test et d’intégration. D’après Reuters, les premiers participants non bancaires devraient être opérationnels vers mars 2027, un déploiement plus large étant envisagé pour le milieu de l’année. Ces échéances constituent des objectifs prévisionnels plutôt que des dates garanties ; par ailleurs, la Banque centrale n’a pas encore désigné les entreprises retenues ni publié la liste définitive des services éligibles.
Réduction des coûts et élargissement de l’accès : les objectifs visés
La Banque centrale indique que son programme de modernisation vise à stimuler la concurrence, à réduire les coûts de transaction et à faciliter l’accès aux services financiers numériques. Une participation directe permettrait aux entreprises spécialisées dans les paiements de mieux maîtriser l’acheminement et le règlement des transactions, diminuant ainsi, dans une certaine mesure, leur dépendance vis-à-vis de leurs partenaires bancaires.
Pour les petites entreprises comme pour les consommateurs, l’avantage attendu réside dans des paiements électroniques plus abordables et plus accessibles. La répercussion effective de ces économies sur les utilisateurs finaux dépendra toutefois des règles définitives, de la tarification, de l’interopérabilité et du nombre de prestataires qui obtiendront une autorisation.