Le tribunal de Mombasa rendra lundi son verdict dans le procès du prédicateur Paul Mackenzie, accusé de 191 meurtres. Le parquet l’accuse d’avoir incité ses fidèles à jeûner jusqu’à la mort pour « rencontrer Jésus ».
Un tribunal de Mombasa, au Kenya, doit rendre ce lundi 19 octobre son verdict dans l’affaire Shakahola. Le prédicateur autoproclamé Paul Mackenzie et ses complices sont accusés de 191 meurtres, pour la plupart des enfants. Le procès concerne trente et un accusés, dont Paul Mackenzie, et des meurtres présumés commis entre 2021 et 2023. Le jugement était prévu le 16 octobre avant d’être reporté au lundi 19 octobre à 9 heures.
Des fosses communes ont été découvertes en avril 2023 dans la forêt de Shakahola, dans le comté de Kilifi. Cette affaire, l’une des pires tragédies liées à une secte, a fait la une dans le monde entier. Des proches des victimes sont attendus au tribunal, beaucoup venant de communautés rurales de la côte. Mackenzie, sa femme et 29 autres coaccusés sont arrivés lundi à la Haute Cour de Mombasa.
Selon le parquet, Paul Mackenzie a initié et dirigé ces jeûnes extrêmes dans la forêt de Shakahola. Selon l’accusation, les enfants mouraient d’abord, puis les adolescents, les femmes et enfin les hommes. Le tribunal a entendu plus de 120 témoins sur les faits survenus dans un ranch de 325 hectares. Selon le parquet, des autopsies ont montré des signes de famine, d’asphyxie et de compression du cou.
La défense estime le dossier largement fondé sur des preuves indirectes, des ouï-dire et des expertises médico-légales non concluantes. En avril 2026, la juge Diana Kavedza a estimé que l’accusation avait établi des preuves suffisantes contre les accusés. Mackenzie et ses coaccusés ont plaidé non coupables en 2024, à l’ouverture de la procédure. L’un d’eux, Enos Amanya, a toutefois plaidé coupable des 191 meurtres en janvier 2026, selon le quotidien The Star.
La Commission nationale kényane des droits humains a recensé 448 morts dans un rapport publié en mars 2024. Plus de 600 personnes avaient par ailleurs été signalées disparues à l’époque, selon ce même rapport.
Paul Mackenzie fait aussi l’objet de poursuites distinctes pour homicide involontaire et terrorisme, qu’il conteste. En janvier, il a été inculpé pour 52 autres corps découverts à Kwa Binzaro, un village voisin. Il avait déjà été arrêté en 2017 pour « radicalisation », avant d’être acquitté, puis de nouveau arrêté en 2019. Il a été arrêté en avril 2023, après le sauvetage de fidèles grâce à l’alerte d’une ONG.
Prudence AGBALETI