L’armée tchadienne a arrêté quatre suspects après l’attaque contre la Brigade minière à Miski, dans le Tibesti. Cette attaque, survenue le 14 octobre, a coûté la vie à deux officiers et blessé neuf militaires.
Quatre personnes soupçonnées d’avoir participé à l’attaque de Miski ont été interpellées, a annoncé mardi 20 octobre un responsable militaire. Nour Hammad Ahmed Sou, adjoint au commandant des zones d’opération du Tibesti, s’exprimait sur la chaîne privée MRTV. Les suspects ont été arrêtés lors d’une opération de poursuite lancée après l’attaque contre la Brigade minière.
Dix armes ont été saisies sur eux, dont deux bazookas et deux fusils de type sniper, selon l’officier. L’opération de ratissage se poursuit pour interpeller les autres personnes impliquées dans l’attaque, selon le commandement militaire. L’officier assure que les militaires sont déterminés à maîtriser la situation et rappelle que le Tibesti fait partie du Tchad.
L’attaque a visé le 14 octobre des agents de la Brigade minière, déployés pour sécuriser les sites aurifères de Miski. Selon l’état-major, elle a fait deux officiers tués et neuf blessés, et ses auteurs appartiendraient au comité d’autodéfense de Miski. Le 15 octobre, l’armée a exigé que le comité dépose les armes, tout refus étant jugé un acte de rébellion.
Le comité de Miski a déploré des pertes humaines, mais refuse de porter seul la responsabilité des événements. Il dit rester attaché à l’accord de paix et demande son application intégrale, notamment la suspension des activités minières. Le 13 octobre, il avait dénoncé des tirs à l’arme lourde attribués à la Brigade minière la veille, selon Tchadinfos.
Le gouvernement et le comité avaient signé un accord de paix de quatorze articles le 20 avril 2025 à Bardaï. Sous l’égide du Médiateur Saleh Kebzabo, il prévoyait aussi une amnistie pour les combats de 2019 et 2020, selon Koaci. L’armée affirme respecter cet accord et reproche au comité de multiplier les provocations et les menaces.
Miski se situe à environ 200 kilomètres de Bardaï, chef-lieu du Tibesti, dont le sous-sol renferme d’importants gisements d’or. L’opposition plaide pour le dialogue et rappelle que le vice-Premier ministre a reconnu l’absence de l’État dans cette zone. Reste à voir si l’opération de ratissage apaisera la situation ou durcira le conflit autour de l’or.
Prudence AGBALETI