L’Assemblée législative du peuple du Burkina Faso a rétabli mardi la peine de mort dans le Code pénal. Le texte cible notamment le terrorisme, l’espionnage et la trahison, selon le ministre de la Justice.
Le Burkina Faso a réintroduit mardi 20 octobre la peine de mort dans son nouveau Code pénal. Les 71 membres de l’Assemblée législative du peuple ont voté le projet de loi à l’unanimité. Ces parlementaires ne sont pas élus, le pays étant dirigé par une junte militaire depuis fin 2022. Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a défendu le texte devant les parlementaires au nom du gouvernement. Selon le ministère, la réforme vise à renforcer l’ordre public et à garantir la sécurité des personnes et des biens.
Le communiqué du ministère ne détaillait pas les infractions concernées, mais le ministre les a précisées à la presse. La peine capitale vise le terrorisme, l’espionnage, la trahison et le parricide, selon l’Agence d’information du Burkina. Elle s’applique aussi à l’importation de produits périmés ou prohibés lorsqu’elle entraîne la mort, pour l’auteur et le complice. Selon le ministre, les groupes armés recrutent en assurant à leurs recrues qu’elles risquent peu en cas d’arrestation. Le gouvernement voit donc dans la peine capitale un moyen de dissuasion, selon La Nouvelle Tribune.
Le nouveau Code compte 933 articles et ne se limite pas à la peine de mort. Il réintroduit la pénalisation des délits de presse et limite à trente ans l’emprisonnement à temps en matière criminelle. Il prévoit aussi la perpétuité pour les gros détournements, assortie d’une amende égale au triple de la somme volée.
Le Burkina avait supprimé la peine de mort en 2018, sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré. Selon Amnesty International, aucune exécution n’a eu lieu au Burkina Faso depuis 1988, soit près de quarante ans. La junte avait annoncé son intention de rétablir la peine de mort en décembre 2025, selon l’AFP. En janvier 2026, Amnesty International avait demandé aux autorités burkinabè de renoncer à ce rétablissement, selon Bénin Web TV.
Le gouvernement prévoit de faire traduire le nouveau Code dans les langues nationales pour le faire connaître aux citoyens. Les modalités d’application n’ont pas été détaillées, et les autorités promettent de présenter prochainement les principales innovations du Code.
Prudence AGBALETI