Le Tribunal militaire de Mopti juge depuis le 19 octobre 43 dossiers impliquant 72 prévenus, dont 69 militaires. Armes, munitions et désertions dominent le rôle, avec trois affaires criminelles, jusqu’au 29 octobre à Sévaré.
Une session correctionnelle et criminelle s’est ouverte lundi 19 octobre à Sévaré, dans le centre du Mali. Le Tribunal militaire de Mopti y examine 43 affaires, qui visent 72 prévenus, dont 69 militaires et trois civils. Les audiences sont programmées jusqu’au 29 octobre, selon les informations du parquet militaire rapportées par l’Agence malienne de presse. Quarante affaires relèvent de la chambre correctionnelle et trois autres de la chambre criminelle, selon le parquet militaire.
Les affaires criminelles concernent un assassinat avec torture et séquestration, un meurtre et un cas de pédophilie. Les personnes poursuivies bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une décision de justice définitive établisse leur culpabilité.
Près de la moitié des dossiers correctionnels concernent des armes, des munitions ou des chargeurs militaires. Ils portent notamment sur des pertes d’armes de dotation, des détournements, des vols et des trafics. Les désertions forment le deuxième groupe d’infractions du rôle, a indiqué le procureur du tribunal, Seba Lamine Koné.
Ce tribunal est une juridiction pénale spécialisée, basée à Mopti, dans une région confrontée depuis des années à l’insécurité armée. Il juge les infractions militaires et certaines infractions de droit commun reprochées à des militaires ou à leurs complices. Le Code de justice militaire de 1995 prévoit un tribunal militaire à Mopti, parmi d’autres localités du pays. Il a tenu sa première audience en novembre 2020, sur huit dossiers de délits concernant des militaires, selon l’ONU.
En août 2025, une session correctionnelle avait examiné 29 affaires impliquant 48 prévenus, dont trois civils. La chambre correctionnelle traite cette fois 40 affaires, contre 29 lors de la session d’août 2025.
Le parquet explique l’irrégularité des sessions passées par le contexte sécuritaire, le manque de magistrats et de personnel d’appui. Il invoque aussi l’éloignement de certains juges militaires, ce qui complique la tenue régulière des audiences. Le représentant du barreau malien a plaidé pour un meilleur respect des délais, certains prévenus ayant connu de longues détentions.
Le nombre de condamnations ou d’acquittements ne sera connu qu’à l’issue des audiences, prévues jusqu’au 29 octobre.
Prudence AGBALETI