Un tribunal de Randburg a refusé mardi la caution à Shadrack Sibiya, ancien chef adjoint de la police. Il est poursuivi pour viol, traite d’êtres humains et manipulation sexuelle d’une mineure, des faits qu’il conteste.
La magistrate Hleziphi Mkhasibe a refusé mardi 20 octobre la caution à Shadrack Sibiya, 59 ans, à Randburg. Cet ancien lieutenant-général était chef adjoint de la police nationale chargé de la détection des crimes. Selon la magistrate, il n’a pas démontré l’existence de circonstances exceptionnelles permettant sa libération sous caution.
Elle a aussi jugé probable qu’il contacte et influence la plaignante de 16 ans, décrite comme vulnérable. Le parquet craignait que sa libération mette en danger des témoins et permette des manipulations de preuves. La magistrate a écarté une interdiction d’usage du téléphone comme condition de caution, car elle serait difficile à contrôler.
Shadrack Sibiya répond de trois chefs de manipulation sexuelle d’enfant, d’un chef de traite d’êtres humains et d’un viol. Le viol présumé visait une jeune femme de 18 ans, en mai 2026, dans un hôtel de Sandton. La manipulation sexuelle présumée viserait une adolescente de 16 ans, entre juillet et août, selon News24.
Il nie toutes les charges, dénonce une persécution et dit que les poursuites sont montées de toutes pièces. Il reconnaît avoir eu une relation sexuelle avec la jeune femme de 18 ans, mais invoque son consentement, selon eNCA. L’affaire a été renvoyée au 25 novembre pour de nouvelles investigations, et l’ancien policier reste détenu.
Il a été arrêté le 21 septembre dans une boîte de nuit par une équipe de la commission Madlanga. Une accusation distincte porte sur une arme à feu qui aurait été trouvée dans son véhicule, selon eNCA. Le 12 octobre, il a démissionné de la police au début de son audience disciplinaire. La police a qualifié son départ de radiation déshonorante, car une procédure disciplinaire était en cours. Il faisait face à sept chefs de faute grave, liés notamment à ses relations avec l’homme d’affaires Vusimusi Matlala.
La commission d’enquête présidée par le juge à la retraite Mbuyiseli Madlanga examine des soupçons de corruption dans la police. Elle étudie aussi des liens présumés de policiers avec des réseaux criminels et des interférences dans la justice. Il est soupçonné d’avoir reçu de Matlala, lié à un cartel présumé, des centaines de milliers de rands, selon EWN. Il n’a été condamné pour aucune infraction, et les accusations de la commission restent à prouver en justice.
L’Autorité nationale des poursuites a salué la décision, estimant avoir présenté les éléments nécessaires pour s’opposer à la libération.
Prudence AGBALETI