Le Mali prévoit d’emprunter près de 6 370 milliards de FCFA entre 2027 et 2029, selon sa nouvelle stratégie d’endettement. Il compte surtout sur le marché régional, tout en allongeant les maturités et en gardant des prêts concessionnels.
Le ministère malien de l’Économie et des Finances a élaboré une Stratégie d’endettement public à moyen terme 2027-2029. Ces besoins atteindraient 1 858,5 milliards de FCFA en 2027, puis 2 044,1 milliards en 2028. Ils culmineraient à 2 467,2 milliards en 2029, soit près de 6 370 milliards cumulés, environ 9,7 milliards d’euros.
Le besoin de 2027 recule de 7,4 % par rapport aux quelque 2 006 milliards estimés pour 2026. Cette baisse s’expliquerait par moins d’amortissements de dette de marché, après un moindre recours aux bons à court terme. Ils repartent ensuite à la hausse : environ 10 % en 2028, puis environ 21 % en 2029, selon nos calculs. Les besoins d’emprunt dépassent le déficit, car ils incluent aussi le remboursement de la dette arrivant à échéance.
L’encours de la dette publique est projeté à 7 447 milliards de FCFA fin 2026, soit 38,8 % du PIB. Ce ratio reste inférieur au plafond de 70 % fixé par l’UEMOA, union de huit pays utilisant le franc CFA. D’autres documents officiels indiquaient 42,3 % du PIB fin 2025, selon le Journal du Mali. La loi de finances rectifiée 2026 tablait sur 41 % du PIB, selon Échos Médias. L’écart avec les 38,8 % de la stratégie n’est pas expliqué dans les sources consultées.
La dette intérieure pèse 4 372,4 milliards de FCFA, soit 58,7 % de l’encours, et la dette extérieure 41,3 %. Le coût moyen du portefeuille est estimé à 3,7 %, et à environ 5,7 % pour la dette intérieure. La dette extérieure est largement concessionnelle, avec un taux de concessionnalité estimé à 80,9 %.
Pour réduire les risques de refinancement, Bamako veut allonger les maturités sur le marché régional, au-delà de cinq ans. Le marché intérieur resterait la principale source, avec 95,2 % des nouveaux besoins couverts en 2027. La part des financements extérieurs passerait de 4,8 % en 2027 à 12 % en 2029. Ils viendraient surtout de prêts concessionnels de l’Association internationale de développement, du Fonds africain de développement et du FIDA. Le gouvernement mise aussi sur les ressources intérieures, avec une pression fiscale visée à 15,8 % en 2027.
Le projet de budget 2027 prévoit 3 866,6 milliards de FCFA de recettes pour 4 462,6 milliards de dépenses. Le déficit atteindrait ainsi 596 milliards de FCFA, contre 620,4 milliards en 2026, selon Échos Médias.
Pour 2026, le Trésor visait 1 450 milliards de FCFA sur le marché régional, selon le Journal du Mali. Les banques maliennes avaient souscrit près de 58 % des titres émis en 2025, selon l’APBEF-Mali. La stratégie dépend donc de la capacité des banques de la région à absorber des émissions plus longues et plus nombreuses.
Prudence AGBALETI