L’état-major malien annonce avoir découvert 54 corps dans un campement de Tagadayat, près de Ménaka. Il attribue ce massacre de civils à l’État islamique au Grand Sahara, selon les premiers témoignages de rescapés.
L’état-major général des armées a publié samedi 24 octobre 2026, en soirée, un communiqué sur un massacre à Tagadayat. Cette localité se trouve à environ 35 kilomètres au sud-est de Ménaka, dans le nord-est du Mali. Une patrouille conjointe des Forces armées maliennes (FAMa) et de leurs « partenaires » y avait été envoyée. Elle réagissait à des informations faisant état d’une attaque terroriste contre des civils. L’armée ne précise pas qui sont ces partenaires.
La patrouille a découvert 54 corps dans un campement. Selon l’armée, les victimes ont été inhumées sur place. Neuf rescapés ont aussi été retrouvés. Ils ont été évacués vers Ménaka, où ils ont été confiés aux structures de prise en charge.
D’après l’état-major, les premiers témoignages des rescapés attribuent les tueries à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Ce groupe est actif dans la zone frontalière entre le Mali et le Niger. L’armée condamne « avec la plus grande fermeté » ce massacre. Elle affirme sa détermination à poursuivre les auteurs afin qu’ils répondent de leurs actes.
Cette annonce suit une attaque signalée le 18 octobre à Tagadayat. Le bureau exécutif de la communauté Idaksahak avait alors fait état d’au moins 48 civils tués, de blessés et de déplacements de population. D’autres sources locales et sécuritaires évoquaient plus de 40 morts dans des attaques contre des campements près de Ménaka. Les informations disponibles ne permettent pas de savoir si les deux bilans recouvrent les mêmes victimes. Ils ne doivent donc pas être additionnés.
L’état-major indique avoir renforcé la protection des populations les plus exposées. Il facilite le déplacement vers Ménaka d’habitants de campements menacés. Les patrouilles et les opérations de sécurisation se poursuivent dans le secteur. Le bilan de l’armée n’a pas été confirmé par une source indépendante.
Prudence AGBALETI