Le président Cyril Ramaphosa a autorisé le déploiement de 510 soldats dans la province du KwaZulu-Natal, où des violences ont récemment éclaté à Durban — la troisième ville du pays — en lien avec une décision de justice concernant les demandeurs d’asile, a annoncé la présidence mardi.
Ce déploiement, qui s’inscrit dans le cadre d’une opération conjointe entre la police et l’armée baptisée « Opération Prosper », vient renforcer une intervention déjà en cours visant à lutter contre la violence des gangs et l’exploitation minière illégale. Il intervient à l’approche des élections locales prévues le 4 novembre et se poursuivra jusqu’à la fin du mois de novembre, pour un coût estimé à environ 34 millions de rands (2 millions de dollars).
Selon la présidence, ce déploiement fait suite à « de récents actes de violence découlant d’une campagne de désinformation » concernant une décision de la Cour constitutionnelle, laquelle a supprimé des obstacles procéduraux pour les personnes demandant l’asile en Afrique du Sud. Les soldats seront mobilisés en soutien aux forces de police.
Le 8 octobre, des manifestations ont eu lieu dans le KwaZulu-Natal et le Gauteng pour contester cette décision de justice. Elles surviennent après des mois de tensions anti-immigrés, les manifestants réclamant l’expulsion des étrangers en situation irrégulière en Afrique du Sud.
À Durban, devenue un foyer de tensions anti-immigrés particulièrement vives cette année, des unités antiémeutes ont été déployées dans le centre-ville, alors que des commerces appartenant à des ressortissants étrangers étaient pillés, rapporte SABC.
La présidence a précisé que le déploiement militaire avait débuté au lendemain de ces affrontements.
Par ailleurs, la police de Durban a indiqué qu’un ressortissant étranger avait été battu à mort par un groupe d’une cinquantaine de personnes, la semaine dernière, lors d’une manifestation dans le centre-ville.
Le recours à l’armée pour appuyer la police n’est pas une nouveauté en Afrique du Sud : des soldats avaient déjà été mobilisés en 2019 pour combattre la violence des gangs, et en 2023 pour lutter contre l’exploitation minière illégale. Cette année, des militaires ont été déployés en mars en renfort de la police. Des opérations d’envergure ont notamment débuté le 11 mars dans les quartiers de Riverlea et Westbury, à Johannesburg.
Ce déploiement plus vaste, également mené dans le cadre de l’« Opération Prosper », a été autorisé jusqu’au 31 mars 2027 et concerne cinq provinces : le Gauteng, le Cap-Occidental, le Cap-Oriental, l’État libre (Free State) et le Nord-Ouest.