Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a présenté lundi les excuses de l’État aux victimes de la guerre civile. Il a aussi annoncé qu’il ne briguerait pas l’élection présidentielle de 2028 et promis des réparations renforcées.
Julius Maada Bio a ouvert lundi 26 octobre, à Freetown, la Conférence nationale sur l’unité et la cohésion sociale. Cette rencontre de deux jours réunit des responsables politiques, des représentants de l’ONU, de la Cédéao et des diplomates. Elle vise à consolider la paix, plus de vingt (20) ans après la fin de la guerre civile de onze (11) ans. Le président Ahmad Tejan Kabbah avait déclaré la guerre officiellement terminée au début de l’année 2002.
Il a présenté ses excuses au nom de l’État aux survivants, aux familles endeuillées et à toutes les personnes touchées. Il a reconnu les défaillances de l’État dans la protection des populations pendant le conflit. Selon lui, consolider la paix exige davantage que la stabilité politique et des élections régulières. Ni le souvenir ni les excuses ne suffisent à répondre aux besoins des victimes, a-t-il estimé, selon TVC News.
Il a chargé la Commission nationale pour l’action sociale (NaCSA) de réexaminer et de renforcer le programme de réparations. Ce programme découle des recommandations de la Commission vérité et réconciliation, chargée d’examiner les causes du conflit. Il exige un rapport public sur l’application des recommandations de la commission, au plus tard le 18 janvier 2027. Le ministère de la Santé doit élargir le soutien en santé mentale destiné aux personnes encore marquées par les traumatismes.
Julius Maada Bio affirme qu’il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2028 et respectera la Constitution. Selon AYV Media, il s’agit d’une réaffirmation, car il avait déjà exclu de se représenter. La Constitution limite à deux les mandats présidentiels, et Bio, élu en 2018, a été réélu en 2023.
Il propose aussi un fonds national pour la paix, un cadre d’action et un comité de dialogue interpartis renforcé. Il plaide pour un code de conduite que les partis enregistrés signeraient avant le scrutin de 2028. Il annonce aussi l’éducation civique à l’école, une Semaine nationale de la paix et un mémorial. La semaine de la paix culminerait le 18 janvier 2027, pour les 25 ans de paix.
L’ancien président Ernest Bai Koroma a appelé à s’approprier la paix et à privilégier le dialogue ouvert. Koroma s’est dit prêt à partager son expérience et a salué la création de la Commission pour la paix.
Aucune réaction de l’opposition ou d’organisations de victimes à ces annonces n’a été relevée dans les sources consultées. La mise en œuvre, le financement des réparations et la prévention des tensions politiques restent les principaux défis.