Les États-Unis ont imposé, mercredi, des sanctions au ministère rwandais de la Défense en raison du conflit qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo. Washington cherche ainsi à accroître la pression sur Kigali et à mettre fin aux combats.
Des affrontements se poursuivent dans l’est du Congo, où des rebelles — qui, selon l’ONU, sont soutenus par le Rwanda — combattent les forces congolaises ainsi que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une rébellion dont les origines remontent au génocide de 1994.
Le Rwanda nie soutenir ces rebelles, connus précédemment sous le nom d’AFC-M23.
« Le Rwanda doit cesser son soutien au M23 et retirer ses troupes de l’est de la RDC », a déclaré le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, dans un communiqué.
L’administration du président américain Donald Trump a cherché à favoriser la paix entre les deux pays, qui ont signé un accord en 2025 visant à mettre fin aux combats. Jusqu’à présent, ces efforts n’ont guère entraîné de changement sur le terrain.
La porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a affirmé que les accords de Washington contiennent des engagements concernant la neutralisation des FDLR qui n’ont pas été respectés.
« Le Rwanda demeure prêt à mettre pleinement en œuvre les accords de Washington, sous réserve que la RDC soit également disposée à honorer ses propres engagements et que le médiateur veille à ce que toutes les parties assument leurs responsabilités », a-t-elle ajouté.
Le ministère des Affaires étrangères du Congo a salué ces sanctions dans un communiqué.
« Ces sanctions envoient un message clair : le Rwanda ne peut agir en toute impunité… Le Rwanda doit honorer ses engagements pris dans le cadre des accords de Washington, respecter la Charte des Nations unies et retirer ses dizaines de milliers de soldats de la RDC », indique le communiqué.
Dans un communiqué, le département du Trésor américain a déclaré que le ministère rwandais de la Défense avait ordonné aux Forces de défense rwandaises (FDR), déjà sous sanctions américaines, de déployer des milliers de soldats dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, dans l’est du Congo. Ces soldats y auraient mené des opérations aux côtés des rebelles et leur auraient fourni du matériel militaire et d’autres formes de soutien.
Mercredi, les États-Unis ont également imposé des sanctions liées à la situation au Congo à la Zigama Credit and Savings Society, une institution financière rwandaise agissant pour le compte des services de sécurité du pays. Le Trésor américain l’accuse d’avoir joué un rôle clé en facilitant le soutien du Rwanda aux rebelles.
Le Trésor a précisé que l’institution financière avait facilité des paiements à des entités en Chine et dans d’autres pays pour l’achat d’armes, de munitions et d’autres équipements militaires destinés aux rebelles congolais. Une succursale de Zigama aurait également permis le transport d’or depuis les territoires congolais contrôlés par les rebelles vers le Rwanda, a ajouté le Trésor.