Des partis d’opposition camerounais condamnent la suspension du FSNC, parti d’Issa Tchiroma, pour trois (3) mois. Le ministre de l’Administration territoriale invoque des appels à l’insurrection et des troubles graves à l’ordre public. Les législatives et municipales sont attendues début 2027, sans date officielle annoncée à ce jour.
Au Cameroun, le parti d’Issa Tchiroma, le FSNC, est suspendu pour trois (3) mois par arrêté ministériel. Le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a signé ce texte le mardi 27 octobre 2026. La mesure vise toutes les activités du Front pour le salut national du Cameroun, sur l’ensemble du territoire.
L’arrêté avance cinq (5) motifs, dont des appels à l’insurrection et des troubles graves à l’ordre public. L’arrêté retient aussi la résidence à l’étranger de l’un des dirigeants statutaires du parti, selon plusieurs médias. Issa Tchiroma Bakary, en exil en Gambie depuis novembre 2025, n’est pas rentré au Cameroun.
La suspension court jusqu’au 27 janvier 2027, et le parti peut la contester devant les juridictions administratives.
Selon Africa Radio, plusieurs partis d’opposition ont condamné la suspension du FSNC dès mercredi 28 octobre. Le MANIDEM, qui avait soutenu Issa Tchiroma en 2025, parle d’une décision injuste et d’une manœuvre grossière. Le Front pour le changement du Cameroun (FCC) estime qu’elle vise à empêcher une compétition équitable. Jean Robert Wafo, du FCC, y voit une « vengeance » contre ceux qui ont ébranlé le pouvoir de Paul Biya.
L’Union démocratique du Cameroun (UDC) dit ne pas comprendre la décision et réclame des élections inclusives. À l’inverse, Jeanne Nsoga, ancienne secrétaire générale du FSNC, juge la suspension normale sur sa page Facebook. Selon Africa-Press, le parti au pouvoir, le RDPC, n’avait fait aucune déclaration sur cette suspension à ce stade.
Le Conseil constitutionnel a proclamé Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, réélu avec 53,66 % des voix. Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre devenu opposant, a revendiqué la victoire et appelé à la défendre. Les manifestations qui ont suivi ont été réprimées dans plusieurs grandes villes et ont fait de nombreux morts.
Le gouvernement a fait état de 16 morts et de plus de 800 arrestations en novembre 2025. Human Rights Watch en recense au moins 55, selon une compilation de listes d’avocats de l’opposition.
Les élections législatives et municipales, reportées plusieurs fois, sont attendues début 2027 sans date officielle. Le FSNC avait annoncé en janvier 2026 son refus de participer aux prochaines législatives et municipales.