Le président ougandais Yoweri Museveni a évoqué sa succession devant la direction de son parti, selon plusieurs sources. Les cadres du NRM sont divisés sur une possible candidature de son fils, le général Muhoozi Kainerugaba. Le parti n’a confirmé aucun choix de successeur, et les comptes rendus de la réunion divergent.
Au pouvoir depuis 1986, le président ougandais Yoweri Museveni a évoqué sa succession mardi 27 octobre 2026. Il l’a fait devant le Comité exécutif central du Mouvement de résistance nationale (NRM), son parti, à Entebbe. Le chef de l’État, 82 ans, a présenté un document de discussion sur la succession, selon plusieurs comptes rendus.
A en croire plusieurs participants cités par les médias, Museveni a surtout décrit les qualités attendues d’un futur dirigeant. Selon un autre compte rendu, il aurait cité le patriotisme, le panafricanisme et l’engagement pour le développement du pays. D’autres médias, dont Chimp Reports, affirment qu’il a proposé son fils Muhoozi Kainerugaba comme successeur. Le député Daudi Kabanda a écrit que le président avait soutenu Muhoozi, mais le NRM n’a rien confirmé.
Selon un initié cité par News Central, certains cadres ont soutenu Muhoozi, d’autres s’y sont vivement opposés. Plusieurs participants sont restés silencieux, d’après le même initié, et la réunion s’est tenue à huis clos.
Hadijah Namyalo, qui dirige le bureau du président national du NRM, s’est opposée au projet, selon plusieurs comptes rendus. Elle a dit vivre dans la peur et se sentir en insécurité depuis le retrait de ses gardes. Le site Chimp Reports attribue ce retrait de gardes à une décision du général Muhoozi Kainerugaba lui-même.
Muhoozi a ensuite demandé aux membres de sa Ligue patriotique de ne plus commenter cette réunion.
Muhoozi Kainerugaba, 52 ans, chef des forces armées, a annoncé fin août qu’il briguerait la présidence en 2031. Il préside aussi la Ligue patriotique d’Ouganda (PLU), un groupe de pression qui mobilise des soutiens pour lui. Il avait ordonné fin juin la fermeture du Daily Monitor et de NTV, rouverts environ un mois plus tard.
Après la présidentielle de janvier 2026, il avait aussi menacé le chef de l’opposition Bobi Wine, réfugié aux États-Unis. Dans ce contexte, l’opposant Kizza Besigye reste détenu depuis 2024 et jugé pour trahison, selon CNBC Africa.
Le sujet reste sensible en Ouganda, où Museveni n’a jamais désigné publiquement de successeur et renvoie la décision au parti. En 2013, la publication d’une lettre confidentielle sur le « projet Muhoozi » avait entraîné la fermeture temporaire de médias. Un analyste, Wasswa Lule, juge ces informations possiblement destinées à tester l’opinion avant toute décision.