Le ministère sénégalais de l’Économie, des Finances et du Plan dénonce des « manœuvres d’obstruction » autour du budget 2027. Le président de la commission des Finances demande le retrait du projet, après le rejet de la LFR 2026.
Le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan dénonce des « manœuvres d’obstruction » dans l’examen du budget 2027. Il réagit, dans un communiqué du mercredi 4 novembre, à une lettre du président de la commission des Finances. Datée du 3 novembre, cette lettre demande le retrait du projet de loi de finances initiale (LFI) 2027. Ce projet de budget avait été transmis à l’Assemblée nationale par décret présidentiel et doit être examiné en commission.
L’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 en séance plénière, le mardi 3 novembre. La commission des Finances avait déjà émis deux avis défavorables les 23 et 30 octobre. Les députés du Pastef, majoritaires, invoquent un manque de « sincérité budgétaire » dans les prévisions du gouvernement. Ce texte révisait le déficit 2026 à 7,6 % du PIB, contre 5,4 % dans la loi de finances initiale.
Le rejet pourrait compliquer les discussions avec le FMI, pour un financement de 2,2 milliards de dollars. La controverse s’inscrit dans la rupture entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, président de l’Assemblée.
Selon le ministère, le président de la commission estime que le rejet remet en cause les hypothèses du budget 2027. Il préconise une nouvelle version du projet, fondée sur la loi de finances initiale 2026. Le ministère relève pourtant une contradiction : le même responsable a convoqué la commission le 4 novembre. La réunion, fixée au jeudi 5 novembre à 9 heures, devait lancer l’examen du budget 2027. Les travaux en commission sont programmés du 5 au 14 novembre, avec le ministre Cheikh Diba attendu jeudi.
Le ministère invoque l’article 46 de la loi organique sur le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Ce texte prévoit un délai de convocation des commissions d’au moins 48 heures, sauf exceptions prévues par les textes. Il rappelle aussi que le rejet d’une LFR n’entraîne pas automatiquement le retrait de la LFI suivante. Il cite 2025 : la LFI 2026 est adoptée le 13 décembre, la deuxième LFR 2025 le 30 décembre.
Pour le ministère, ces initiatives menacent l’assainissement des finances publiques, la relance économique et l’apurement des arriérés de paiement. Elles pèseraient aussi sur le soutien de l’État aux populations vulnérables et sur ses engagements envers les syndicats. Ils relèvent du Pacte de stabilité sociale, signé le 1er mai 2025, qui instaure une trêve sociale de trois ans.
Le ministère appelle à la responsabilité et au respect des textes dans le traitement des questions budgétaires. Le député non inscrit Tafsir Thioye estime que la commission ne peut engager l’Assemblée sans passer par la plénière.