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Afrique du Sud : le cas de Vladimir Poutine met le pouvoir dans l’embarras

Alors que le parti au pouvoir, ANC, avait annoncé mardi 25 avril 2023 que la décision avait été prise de se retirer de la CPI, la cour pénale internationale, la présidence sud-africaine a estimé un peu plus tard le même jour que le pays restait signataire des statuts de Rome invoquant une erreur de communication. Les autorités de ce pays se trouvent dans une situation délicate de savoir si Vladimir Poutine doit être arrêté s’il participe au sommet des BRICS qui se tiendra en août 2023 à Pretoria.

Un véritable casse-tête

Le président Cyril Ramaphosa avait annoncé mardi que l’ANC avait demandé que le pays, critiqué depuis le début de la guerre en Ukraine pour sa proximité avec Moscou, quitte la CPI.

« Le parti au pouvoir a tranché, estimant prudent que l’Afrique du Sud se retire de la CPI », avait déclaré Cyril Ramaphosa lors d’une conférence de presse à l’issue d’une visite du président finlandais Sauli Niinistö, après une réunion du Congrès national africain (ANC) au cours du week-end.

La question de savoir si l’Afrique du Sud arrêtera le président russe est « à l’étude », avait ajouté le chef d’Etat. Le président russe Vladimir « Poutine peut venir à tout moment dans ce pays », avait déclaré plus tôt le secrétaire général de l’ANC Fikile Mbalula lors d’une conférence de presse. « La CPI ne sert pas les intérêts de tous, mais ceux de quelques-uns », avait-il ajouté.

« La présidence souhaite clarifier le fait que l’Afrique du Sud reste signataire des statuts de Rome. Cette clarification fait suite à un commentaire erroné lors d’une conférence de presse de l’ANC [le Congrès national africain, parti au pouvoir] », a annoncé la présidence dans la soirée.

La cour pénale internationale a émis en mars dernier un mandat d’arrêt international à l’encontre du président Poutine accusé de crimes de guerre en Ukraine. L’Afrique du Sud étant signataire des statuts de Rome instituant la CPI doit en principe arrêter le président Poutine s’il vient à Pretoria en vertu de ses engagements internationaux. Or, l’Afrique du sud et la Russie entretiennent des relations très étroites non seulement au niveau bilatéral mais aussi, et surtout au niveau des BRICS alliance dont les deux pays sont membres avec la Chine, l’Inde et le Brésil.

La semaine dernière, la lauréate ukrainienne du prix Nobel de la paix Oleksandra Romantsova avait demandé solennellement à l’Afrique du Sud de ne pas laisser le président russe Vladimir Poutine participer au sommet des Brics qui se tiendra dans le pays en août 2023. Si le président russe se rendait en Afrique du Sud et n’était pas arrêté, ce serait « une grande déception », avait déclaré madame Romantsova, lors d’une conférence de presse à Johannesburg.

Du déjà-vu

L’Afrique du Sud avait déjà voulu se retirer de la CPI en 2016 après une visite de l’ancien président soudanais Omar el-Béchir. Pretoria avait refusé de procéder à l’arrestation de ce dernier, également visé par un mandat d’arrêt de la CPI.

Mais le retrait de Pretoria avait été contrecarré par la justice du pays, qui avait estimé qu’une telle décision serait inconstitutionnelle.

Même en cas de retrait, l’Afrique du Sud aurait été obligée d’arrêter Vladimir Poutine, s’il se rendait au sommet des Brics en août, car un retrait de la CPI prendrait plus d’un an pour être effectif à partir de la date de l’annonce officielle de son départ.

La procédure implique « un processus parlementaire rigoureux, nous serions toujours liés par nos obligations à la CPI pendant 12 mois après la communication de notre retrait », a souligné Nicole Fritz, directrice de la Fondation Helen Suzman, qui milite pour la défense des droits humains.

La Rédaction

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