De nombreux chefs d’État, représentants d’institutions financières mondiales ou encore d’ONG sont attendus à Paris ce jeudi pour le « sommet pour un nouveau pacte financier mondial ». L’objectif principal est, selon les organisateurs, de « réformer le système financier international », à savoir « construire un nouveau consensus pour un système financier international plus solidaire. «
Cela passe notamment par « définir les principes des réformes à venir et fixer une trajectoire vers un partenariat financier plus équilibré entre le Sud et le Nord. » Il doit aussi « ouvrir la voie à de nouveaux accords pour lutter contre le surendettement et permettre à davantage de pays d’accéder aux financements dont ils ont besoin pour investir dans le développement durable, mieux préserver la nature, faire chuter les émissions et protéger les populations contre la crise écologique, là où c’est le plus nécessaire. »
Suite à ce sommet, le Nouveau pacte financier mondial permettra de mieux « lutter contre les hauts niveaux d’endettement qui empêchent les gouvernements de mettre en œuvre une action ambitieuse pour réduire les fractures climatiques, économiques et technologiques qui risquent de fragmenter notre monde. » Emmanuel Macron le promet, « nous frapperons fort, car nous allons tout d’abord établir un nouveau consensus. »
Il sera évidemment question de climat et de la manière dont on peut réformer le système d’aide public au développement pour tenir compte de la crise climatique et réparer les dégâts. Emmanuel Macron a entendu les doléances des pays du Sud lors de la COP sur le climat en Égypte en novembre dernier. Il faut mobiliser des ressources publiques et privées, au moins 1000 milliards de dollars par an, pour limiter la crise climatique.
Plusieurs pistes sont sur la table : suspendre la dette d’un pays victime d’un événement climatique extrême ou d’une catastrophe naturelle, inondation, sécheresse accrue. Le tabou des taxes internationales revient également dans les discussions. La France est notamment pour une nouvelle taxe carbone sur le transport maritime, aux côtés des îles Marshall et Salomon.
Le ballet d’entretiens a commencé dès mercredi à l’Elysée avec les présidents tchadien et gabonais ou le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.
L’idée de ce sommet inédit est née en Égypte, en novembre dernier, lors de la dernière COP sur le climat. Emmanuel Macron s’entretient alors avec Mia Mottley, la Première ministre de la Barbade, une île des Caraïbes, qui réclame une refonte complète du système financier international. Le chef de l’État l’entend et invite donc ses homologues à Paris pour un nouveau pacte financier mondial.
« Le monde est actuellement confronté aux conditions les plus difficiles depuis des décennies » affirment les organisateurs sur le site de l’événement. Suite à la crise du Covid 19, la dette publique « a atteint un niveau sans précédent dans tous les pays « . Selon eux, « un tiers des pays en développement et deux tiers des pays à faible revenu présentent un risque élevé de surendettement« .
Autres constats : l’inflation a « fortement » augmenté et la « tendance mondiale à la réduction de la pauvreté observée depuis plusieurs décennies s’est interrompue, voire inversée, entrainant des écarts économiques grandissants à l’échelle mondiale ». « Les réponses apportées par la communauté internationale sont aujourd’hui fragmentées, partielles et insuffisantes », déplore par exemple Mia Mottley, qui appelle donc à « une révision profonde de notre logiciel ».
La Rédaction