Les convois militaires français ont commencé à se retirer des bases du sud-ouest du Niger, marquant le début d’un départ exigé par la junte nigérienne qui a porté un nouveau coup à l’influence de la France dans la région du Sahel touchée par le conflit en Afrique de l’Ouest.
Des camionnettes et des véhicules blindés chargés de troupes françaises ont traversé mardi la banlieue poussiéreuse de la capitale Niamey après que la junte a annoncé lundi soir que le retrait débuterait le lendemain.
Dans un communiqué lu à la télévision d’État, le gouvernement militaire a appelé à la coopération des citoyens avec les mouvements de troupes qui, selon lui, impliqueraient une partie des 1 500 soldats français quittant le Niger par la route vers le Tchad, un voyage de plusieurs centaines de kilomètres à travers un territoire parfois peu sûr.
« Les troupes basées à Ouallam ont quitté aujourd’hui leur base. Il s’agit des opérations pour le départ du premier convoi terrestre en direction du Tchad sous escorte de nos Forces de défense et de sécurité », précise le régime de Niamey, dans le communiqué.
Outre ce départ par voie terrestre « trois vols spéciaux » ont été enregistrés à l’aéroport de Niamey, deux pour le départ de « 97 éléments des forces spéciales » et un « consacré à la logistique ». Les autorités nigériennes précisent que le désengagement se poursuivra conformément « au calendrier arrêté d’un commun accord par les deux parties ».
Un plan de retrait conjoint France-Niger indique que l’armée nigérienne assurerait la sécurité des convois français se retirant par voie terrestre.
Après des semaines de pression de la part des militaires qui ont pris le pouvoir en juillet, la France a accepté le mois dernier de retirer ses troupes basées au Niger, marquant une rupture définitive des liens militaires avec son ancienne colonie sur fond de vague de sentiment anti-français dans la région.
Les forces françaises ont également été chassées du Mali et du Burkina Faso voisins depuis que leurs armées ont pris le pouvoir.