Le gouvernement congolais interdit la première mobilisation de l’opposition prévue mercredi 27 décembre 2023 pour exiger l’annulation des scrutins. Lors d’une conférence de presse ce mardi, le numéro deux du gouvernement, Peter Kazadi, vice-Premier ministre, en charge de l’Intérieur et de la sécurité, a prévenu que les forces de sécurité seront mobilisées pour s’assurer que la marche n’ait pas lieu.
« La manifestation de demain a pour but de mettre à mal le processus électoral engagé. Le gouvernement de la République (démocratique du Congo) ne peut pas accepter cela. Leur démarche ne repose sur aucune légalité. Il s’agit d’un acte désespéré des gens qui se sentent perdants. Alors que la Céni n’a pas encore publié les résultats, ils prennent les devants pour faire ce qu’ils ont toujours souhaité, c’est-à-dire contester et rendre le pays ingouvernable. Aucun gouvernement au monde ne peut accepter que cela se produise sur son territoire. Donc, nous n’allons pas nous laisser faire ».
« Je peux vous rassurer, il n’y aura pas cette marche tout simplement parce que cela ne cadre pas avec le contexte. Cela ne cadre pas non plus avec le processus. Cela viole les dispositions légales qui prévoient que la contestation des résultats se fasse devant la Cour constitutionnelle, ou le tribunal compétent », a aussi déclaré Peter Kazadi.
Pour mercredi 27 décembre, le candidat et opposant Martin Fayulu, Denis Mukwege et d’autres candidats ont appelé à une mobilisation massive à Kinshasa. Les opposants affirment qu’ils n’accordent aucun crédit aux opérations électorales dont les résultats partiels sont en train d’être publiés. Ils sont également ouverts à d’autres opposants qui ne sont pas signataires de leur communication. « Nous avons commencé certaines discussions. Si les gens sont d’accord, qu’ils viennent. Nous sommes là. Nous avons les bras ouverts. Ce que nous allons faire le 27 décembre. Nous pouvons le dupliquer partout. Les autres peuvent se dire qu’ils le feront à Lubumbashi ou à Goma », explique Martin Fayulu.
« Nous appelons tous les Congolais présents dans la ville de Kinshasa à se rassembler massivement ce 27 décembre 2023 sur le Boulevard Triomphal, en face du stade des Martyrs, pour marcher jusqu’au Boulevard du 30 juin, au niveau de la Céni, en protestation contre la naissance d’une nouvelle crise politique, dont la cause fondamentale sera la contestation de la légitimité des animateurs des institutions de la République », a déclaré sur RFI Théodore Ngoy, l’un des candidats et des organisateurs de la marche de l’opposition.
Pour leur part, les ambassadeurs occidentaux en poste à Kinshasa ont débuté des contacts pour apaiser les deux parties.
Mise en garde du gouvernement
Peter Kazadi avait adressé dès lundi une mise en garde à l’opposition.« Nous sommes au courant de toutes ces préparations visant à aboutir à un chaos. C’est ce que disent ces opposants à la suite des élections qui se sont tenues, qu’ils ont manifestement perdu. Et ils voudraient mettre le pays à feu et à sang. À mon niveau, le mot d’ordre qui est de mise, c’est qu’il faut sécuriser au maximum les populations et leurs biens. Toutes les dispositions, visibles et invisibles, sont prises », a-t-il expliqué. « Rien de grave ne se passera », a-t-il prévenu aussi.
« Ils nous ont demandé que les résultats soient affichés, bureau par bureau. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) l’a fait. Et que la publication des résultats soit faite de manière progressive, c’est ce qui est en train de se faire », a poursuivi Peter Kazadi, qui conclut : « Je ne vois pas pourquoi, avant les résultats finaux, on pourrait se permettre de créer le désordre. C’est clair que c’est n’est pas une manifestation légalement commandée. Ses buts sont de mettre le chaos dans le pays. Ils trouveront l’État sur leur route. On n’intimide pas l’État. Nous ferons en sorte que la tranquillité publique soit préservée. »
Avec RFI