Le président français a discrètement reçu son homologue comorien, lundi, avant une réunion entre les deux gouvernements, ce mardi. France et Comores disent vouloir « lutter contre les trafics et contre les passeurs », alors que l’opération Wuambushu, très critiquée par le président comorien, se poursuit à Mayotte.
Au lendemain d’une rencontre de quarante minutes, à l’Élysée, entre le président français Emmanuel Macron et son homologue comorien Azali Assoumani, qui avait été tenu secrète et que les deux parties ont confirmé, la France et les Comores ont publié un communiqué commun, ce mardi 9 mai, après une réunion à Paris entre ministres des deux pays.
La délégation française, menée par Catherine Colonna (Affaires étrangères) et Gérald Darmanin (Intérieur et Outre-Mer), et la délégation comorienne réaffirment « leur volonté de lutter contre les trafics et contre les passeurs, de coordonner leurs efforts communs pour la sauvegarde des vies humaines en mer et pour la gestion des flux humains entre les îles, y compris par la reprise des liaisons maritimes ».
Les deux gouvernements s’engagent « à intensifier le dialogue entre la France et les Comores dans la perspective d’un renforcement de la relation bilatérale et de l’apaisement des tensions ».
Tensions depuis le début de l’opération Wuambushu
Des déclarations d’intention qui interviennent après des tensions diplomatiques engendrées par l’opération Wuambushu menée par les autorités françaises à Mayotte pour déloger des bidonvilles des sans-papiers en grande majorité venus des Comores voisines.

Des gendarmes français de la brigade nautique à Mayotte
L’opération Wuambushu est dénoncée comme« brutale », « anti-pauvres » et violant les droits des migrants par nombre d’associations, mais soutenue par les élus et de nombreux habitants de l’île, qui compte environ 350 000 habitants, dont une moitié ne possédant pas la nationalité française.
Le président comorien critique
Dans un entretien publié par le quotidien Le Monde , le président comorien affirme avoir dit début 2023 à Emmanuel Macron son opposition à « cette opération qui consiste à appeler la presse du monde entier pour clamer : Regardez, on va rapatrier les Comoriens qui sont à Mayotte ! ».
« Cela aurait pu être plus discret et efficace. Il y a un vol et un bateau entre Mayotte et Anjouan », une île comorienne, « tous les jours », déplore-t-il.
Azali Assoumani explique qu’il « demande la levée » du visa imposé par la France « qui fait que les Mohéliens, les Grand Comoriens et les Anjouanais ne sont pas libres d’aller et venir à Mayotte, pour voir leur famille par exemple ».