Les affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) paramilitaires se sont intensifiés dimanche 02 juillet 2023, alors que la guerre dans la capitale du pays et les régions de l’ouest entrait dans sa 12e semaine sans aucune tentative en vue de mettre fin pacifiquement au conflit.
Des frappes aériennes et d’artillerie ainsi que des tirs d’armes légères ont pu être entendus, en particulier dans la ville d’Omdurman, ainsi que dans la capitale Khartoum, alors que le conflit aggrave une crise humanitaire et menace d’attirer d’autres intérêts régionaux.
Les FSR ont déclaré avoir abattu un avion de combat de l’armée et un drone à Bahri, dans des déclarations auxquelles l’armée n’a pas immédiatement répondu.
Les FSR ont dominé la capitale sur le terrain et ont été accusées de pillage et d’occupation de maisons, tandis que l’armée s’est concentrée sur les frappes aériennes et d’artillerie.
La semaine dernière, le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan a appelé les jeunes à rejoindre la lutte contre les FSR et dimanche, l’armée a publié des photos de nouvelles recrues.
L’Union des médecins soudanais a accusé samedi les FSR d’avoir perquisitionné l’hôpital de Shuhada, l’un des rares encore en activité dans le pays, et d’avoir tué un membre du personnel, ce que les paramilitaires ont démenti.
La guerre a également touché des villes des régions occidentales du Kordofan et du Darfour, en particulier la ville la plus à l’ouest d’El Geneina, où les FSR et les milices arabes ont été accusées de nettoyage ethnique.
L’Unité de lutte contre la violence à l’égard des femmes, une agence gouvernementale, a déclaré samedi avoir enregistré 88 cas d’agressions sexuelles, ce qui, selon elle, ne représente qu’une fraction du total réel probable, à Khartoum, El Geneina et Nyala, capitale du Sud-Darfour, avec victimes dans la plupart des cas accusant les FSR.
Les pourparlers organisés à Djeddah et parrainés par les États-Unis et l’Arabie saoudite ont été suspendus le mois dernier, tandis qu’une tentative de médiation des pays d’Afrique de l’Est a été critiquée par l’armée car elle accusait le Kenya de partialité.
La semaine dernière, le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhan et son adjoint au Conseil souverain du pays Malik Agar ont exprimé leur ouverture à toute tentative de médiation de la Turquie ou de la Russie mais ces deux pays n’ont pas réagi à cette invitation.