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Au Kenya, le calme revient petit à petit dans le pays alors que la police est critiquée pour ses « méthodes violentes »

Les manifestations dans les villes kenyanes contre les hausses d’impôts et le coût de la vie élevé se sont largement calmées jeudi mais la tension reste vive dans le pays et la police est sous le feu des critiques.

Cette huitième journée d’action organisée par la coalition Azimio a été une des moins tendues du mouvement initié en mars, qui a parfois donné lieu à des pillages et violences ayant fait une vingtaine de morts, de source officielle.

Mis à part des accrochages mineurs entre environ 500 manifestants et la police jeudi à Kibera, un vaste bidonville du sud-ouest de la capitale Nairobi, la plupart des habitants vaquaient à leurs occupations quotidiennes normalement.

De nombreux magasins du quartier central des affaires de la capitale ont rouvert et le trafic a repris sur les routes principales. Des écoles ont également rouvert à Nairobi, la ville portuaire de Mombasa et à Kisumu, la troisième ville du pays, après avoir été fermées mercredi.

Le leader de l’opposition Raila Odinga n’a pas fait d’apparition publique mercredi ou jeudi comme il l’avait fait lors des manifestations précédentes.

Odinga a déclaré à la télévision privée NTV Kenya qu’il avait été sous les feux de la rampe alors qu’il se remettait d’une mauvaise grippe et a déclaré que les manifestations concernaient les citoyens, pas lui ou ses collègues dirigeants de l’opposition.

Entretemps, plusieurs organisations des droits de l’homme accusent les autorités d’avoir recours à des policiers en civils pour mater la contestation. L’ONG Amnesty international dit avoir recensé « au moins 30 cas » de personnes tuées par des policiers depuis le début des contestations au mois de mars.

« Le gouvernement a déployé des policiers qui ne portent pas d’uniforme, mais qui sont armés. Or, lorsque des policiers dissimulent leur identité, s’habillent en civil et se couvrent le visage, cela ressemble plus à une équipe de tueurs. On a vu des gens se faire attraper par ces policiers en civils et être jetés de force dans des véhicules prépositionnés. On a vraiment assisté à une démonstration de force, y compris envers des manifestants non violents », selon Otsieno Namwaya, directeur Afrique de l’Est au sein de Human Rights Watch.

La Rédaction

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