Les chefs militaires nigériens ont mis en garde contre toute intervention armée dans le pays alors que les dirigeants ouest-africains doivent se réunir dimanche dans la capitale nigériane pour un sommet d’urgence afin de décider de nouvelles actions pour faire pression sur l’armée afin de rétablir l’ordre constitutionnel.
Les chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), composée de 15 membres, et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, composée de huit membres, pourraient suspendre le Niger de ses institutions, couper le pays de la banque centrale régionale et du marché financier, et fermer les frontières.
Le voisin oriental du Niger, le Tchad, non membre des deux organisations régionales, a été invité au sommet de la CEDEAO, a indiqué samedi un communiqué du bureau du président tchadien.
Les dirigeants ouest-africains pourraient aussi, pour la première fois, envisager une intervention militaire pour restaurer le président Mohamed Bazoum qui a été évincé lorsque le général Abdourahamane Tchiani a été proclamé nouveau chef de l’Etat vendredi.
Avant le sommet de dimanche, les chefs militaires au Niger samedi soir, ont mis en garde dans un communiqué lu à la télévision nationale nigérienne samedi soir contre toute intervention militaire.
« L’objectif de la réunion (de la CEDEAO) est d’approuver un plan d’agression contre le Niger par une intervention militaire imminente à Niamey en collaboration avec d’autres pays africains non membres de la CEDEAO, et certains pays occidentaux », a déclaré le porte-parole de la junte, le colonel Amadou Abdramane.
« Nous voulons rappeler une fois de plus à la CEDEAO ou à tout autre aventurier, notre ferme détermination à défendre notre patrie », a-t-il déclaré.
La junte a publié samedi soir un deuxième communiqué invitant les citoyens de la capitale à descendre dans la rue à partir de 07h00 heure locale (06h00 GMT) pour protester contre la CEDEAO et montrer leur soutien aux nouveaux chefs militaires.
Le coup d’État militaire au Niger a été largement condamné par ses voisins et partenaires internationaux qui ont refusé de reconnaître les nouveaux dirigeants et ont exigé que Bazoum soit rétabli dans ses fonctions.
Bazoum n’a pas été entendu depuis jeudi matin lorsqu’il était confiné dans le palais présidentiel, bien que l’Union européenne, la France et d’autres disent toujours le reconnaître comme le président légitime.
L’Union européenne et la France ont interrompu leur soutien financier au Niger et les États-Unis ont menacé de faire de même.
Après une réunion d’urgence vendredi, l’Union africaine a publié une déclaration exigeant que les militaires retournent dans leurs casernes et rétablissent l’ordre constitutionnel dans les 15 jours sans préciser ce qui se passera après cette échéance.
La Rédaction