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L’opposant sénégalais Ousmane Sonko inculpé pour complot contre l’autorité de l’État

Le chef de l’opposition sénégalaise Ousmane Sonko a été inculpé de complot contre  l’autorité de l’État et d’appels à l’insurrection, entre autres délits, a annoncé samedi le procureur de la République.

Le magistrat Abdou Karim Diop les liste : « Appel à l’insurrection, association de malfaiteurs, atteinte à la sûreté de l’État, complot contre l’autorité de l’État, actes et manœuvres visant à compromettre la sécurité publique de l’État et visant à créer des troubles politiques graves, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, mais également vol de téléphone portable »

L’annonce intervient des semaines après que Sonko a été reconnu coupable de corruption de jeunes et condamné à deux ans de prison, ce qui a déclenché des manifestations meurtrières à travers le pays.

Le procureur Abdou Karim Diop a fait cette annonce à la télévision publique, un jour après que l’avocat de Sonko a déclaré qu’il avait été placé en garde à vue pour interrogatoire au palais de justice de la police de la capitale, Dakar.

En juin, Sonko a été acquitté des accusations de viol d’une femme qui travaillait dans un salon de massage et d’avoir proféré des menaces de mort à son encontre. Mais il a été reconnu coupable d’une peine plus légère de corruption de jeunes, qui comprend l’utilisation de sa position de pouvoir pour avoir des relations sexuelles avec des personnes de moins de 21 ans. La corruption de jeunes est une infraction pénale au Sénégal passible de cinq ans de prison et d’une amende jusqu’à plus de 6 000 $.

La condamnation a conduit à des affrontements meurtriers à travers le pays entre les partisans de Sonko et la police, où au moins 23 personnes ont été tuées et des dizaines blessées

Sonko s’est classé troisième à l’élection présidentielle sénégalaise de 2019 et est populaire auprès de la jeunesse du pays. Ses partisans soutiennent que les accusations portées contre lui font partie d’un effort du gouvernement pour faire dérailler sa candidature à l’élection présidentielle de 2024.

Les batailles juridiques en cours de Sonko pourraient l’empêcher de se présenter. Une fois en prison, il peut demander un nouveau procès pour sa condamnation de juin.

Les accusations de samedi sont distinctes, a précisé le procureur de la République. Les accusations comprennent l’appel à l’insurrection, l’association de malfaiteurs en vue de commettre des actes de terrorisme, l’atteinte à la sécurité publique et le vol.

On ne sait pas ce qui a conduit aux accusations. Sonko est resté la plupart du temps dans sa maison depuis sa condamnation à la prison.

Dans un tweet publié peu avant son arrestation vendredi après-midi, Sonko a déclaré qu’une équipe de soldats défonçait la porte à la suite d’une altercation avec des agents des services secrets qui le filmaient.

Avec AP

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