Les partisans de l’opposant ont investi les rues de Dakar et de Ziguinchor, lundi, affrontant les forces de l’ordre et dénonçant un complot pour évincer leur leader avant l’élection présidentielle de février 2024.
En dissolvant le parti de son principal opposant, le président sénégalais Macky Sall savait qu’il prenait une décision périlleuse et le risque d’enflammer la rue. L’annonce est tombée, lundi 31 juillet, en fin d’après-midi, par la voix du ministre de l’intérieur, Antoine Félix Diome : les Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) ont été dissous par décret. Les autorités veulent ainsi porter un coup fatal à Ousmane Sonko, le rival le plus sérieux du parti au pouvoir en vue de la présidentielle de février 2024. Quelques heures plus tôt, le président du Pastef avait été placé en détention, à la prison de Sébikotane.
La formation dissoute avait « fréquemment appelé [ses] partisans à des mouvements insurrectionnels » ayant entraîné « de nombreuses pertes en vies humaines, de nombreux blessés ainsi que des actes de saccage et de pillage de biens publics et privés », a expliqué le ministre de l’intérieur. Une référence aux troubles survenus au Sénégal en mars 2021 et en juin 2023 qui ont fait plus de quarante morts, après l’arrestation puis la condamnation d’Ousmane Sonko, le 1er juin, à deux ans de prison ferme dans une affaire où il était accusé de viol.
Peu après l’annonce de la dissolution, des manifestants, jeunes pour la plupart, sont sortis dans les rues de la capitale, brûlant des pneus et bloquant les routes. Des affrontements ont éclaté avec les forces de l’ordre. A Ziguinchor, ville du sud du pays et fief d’Ousmane Sonko, deux personnes ont succombé à leurs blessures, selon le ministère de l’intérieur.