L’épouse du président déchu Ali Bongo Ondimba a été inculpée de « blanchiment d’argent » et d’autres délits, a annoncé vendredi le procureur général, un mois après le renversement de son mari par un coup d’État.
Sylvia Bongo Valentin est assignée à résidence dans la capitale depuis que son mari a été renversé le 30 août, quelques instants après avoir été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle. Son fils aîné, Noureddin Bongo Valentin, a déjà été accusé de corruption.
L’ancienne première dame a été inculpée jeudi par un juge d’instruction, a annoncé vendredi le procureur André Patrick Roponat sur les chaînes de télévision publiques. Son assignation à résidence a également été confirmée, a déclaré Roponat.
L’un de ses avocats a déclaré au début du mois qu’elle était maintenue « au secret, en dehors de tout cadre légal ».
Cette inculpation fait réagir. Geoffroy Foumboula est porte-parole d’un groupe d’ONG, qui a annoncé une série de plaintes contre l’ex-première dame. Il parle d’une « très bonne nouvelle » et d’un « signe assez fort ». Il espère désormais que « l’instruction ira à son terme ». Selon lui, la justice doit continuer ses actions, et remonter jusqu’à Ali Bongo lui-même.
« Les faits sont multiples, c’est elle qui était au coeur du système. On espère simplement que l’instruction ira jusqu’à son terme et c’est en ce sens que nous avons aussi initiés une procédure pour déposer une plainte, de façon à ce que – au cas où l’État se dessaisisse – on compte poursuivre cette action jusqu’au bout. »
L’ancien ministre de l’Intérieur Lambert Noël Matha a également été entendu par la même juge d’instruction, inculpé et assigné à résidence. Son affaire est en rapport avec la société Averda qui avait ramassé les ordures à Libreville entre 2015 et 2019. L’ancien ministre de l’Intérieur est soupçonné d’avoir touché illégalement beaucoup d’argent durant ce contrat.
Le fils des Bongo, Noureddin, a déjà été accusé de corruption et de détournement de fonds publics avec plusieurs anciens membres du gouvernement et deux ex-ministres.