A LA UNE Justice MAURITANIE

En Mauritanie, 20 ans de prison requis contre l’ancien chef de l’État Mohamed Ould Abdel Aziz

Le procureur a requis, mardi, vingt ans de prison ferme contre l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, jugé depuis le mois de janvier à Nouakchott pour avoir abusé de son pouvoir afin d’amasser une immense fortune. « Tous les éléments entre les mains de la justice prouvent la constitution d’un crime », a fait valoir le magistrat.

Accusant Mohamed Ould Abdel Aziz d’avoir « accumulé une très grande fortune que ses revenus légaux ne peuvent justifier » et d’avoir exercé « des activités commerciales incompatibles avec ses fonctions de président de la République » de 2008 à 2019, le procureur a évoqué « un enrichissement illicite condamné par la loi ». Il a aussi réclamé la confiscation des biens de l’ancien chef d’État.

Une fortune estimée à 67 millions d’euros

D’après la justice, Mohamed Ould Abdel Aziz, 66 ans, se serait constitué un patrimoine et un capital estimés à 67 millions d’euros au moment de son inculpation, en mars 2021. Sans nier être riche, l’ancien chef d’Etat, fils de commerçant, a refusé de s’expliquer sur l’origine de sa fortune et dénonce une machination ayant pour but de l’écarter de la vie politique.

« Il mérite cela parce que les crimes sont très graves et très clairs. Les preuves sont accablantes. Toutes les preuves sont là pour qu’il obtienne la peine maximale. Un président de la République qui utilise des procédures pour s’enrichir et qui utilise les biens d’une association d’utilité publique pour se faire sa maison et acheter des immeubles, c’est un crime », commente Me Vadili Raiss, avocat de la partie civile. 

Mais ce réquisitoire est vivement contesté par les avocats de la défense de l’ancien chef d’État. « Dans ce dossier, il n’y a que des auditions et nous n’estimons pas que des auditions peuvent permettre de relever des crimes économiques. C’est un dossier qui est monté de toutes pièces donc on s’attend à tout mais nous estimons que nous sommes suffisamment armés sur le plan juridique pour démanteler toutes les demandes qui fondent les réquisitions du parquet », assure Maître Taleb Kyar.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

X