Les pays arabo-musulmans mènent une diplomatie intensive pour essayer de résoudre la crise dans la bande de Gaza. Alors que le président égyptien Abdel Fattah Al Sissi s’est entretenu mercredi avec le chef de l’État américain Joe Biden, les ministres des affaires étrangères du comité arabo-islamiques ont rencontré le même jour le président français Emmanuel Macron et le ministre britannique des affaires étrangères David Cameron. L’objectif est d’amener les membres permanent du Conseil de sécurité de l’ONU à se pencher davantage sur le problème de la guerre entre Israël et le Hamas.
Lors d’un appel téléphonique avec Sissi, le président américain a salué les efforts égyptiens visant à renforcer la sécurité et la stabilité internationales, a déclaré le porte-parole présidentiel en Égypte Ahmed Fahmi.
Il a réitéré le rejet catégorique des États-Unis du déplacement des Palestiniens de Gaza vers l’Égypte.
Sissi a déclaré que les efforts égyptiens s’inscrivaient dans le cadre de la volonté du pays d’endiguer les effusions de sang et de parvenir à la stabilité dans la région, soulignant la nécessité de s’appuyer sur la pause humanitaire actuelle pour parvenir à un cessez-le-feu durable et laisser entrer les quantités d’aide nécessaires dans l’enclave.
Les deux dirigeants ont convenu de maintenir la coordination pour optimiser la trêve actuelle de manière à renforcer la sécurité et la stabilité.
Mercredi, ors d’une réunion avec son homologue britannique David Cameron, le ministre des Affaires étrangères Sameh Shokry a remis en question le silence et les positions de la communauté internationale sur la crise de Gaza par rapport à d’autres conflits armés.

Le ministre a ajouté que le meurtre de civils et la destruction d’infrastructures ne peuvent être justifiés par la légitime défense ou la lutte contre le terrorisme. Dans ce cadre, il a appelé à l’acheminement durable de l’aide humanitaire et à la fin du siège et des bombardements visant à déplacer les habitants de la bande de Gaza.
Lors d’une réunion avec le président français Emmanuel Macron, le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Chokry a déclaré que les pays arabes et islamiques attendaient avec impatience que la France joue un rôle de premier plan et central dans la résolution de la crise de Gaza en sa qualité de membre du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le ministre a noté que la France avait traité positivement le projet de résolution visant à faciliter l’entrée de l’aide humanitaire, exprimant l’espoir qu’elle jouerait un rôle important pour mettre fin aux violations israéliennes à Gaza.
Le ministre Shokry a entamé dimanche une tournée dans un certain nombre d’États membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (CSNU) afin de faire avancer les efforts visant à mettre fin à la guerre en cours dans la bande de Gaza et à faire face à la détérioration des conditions humanitaires.
Le ministre, accompagné de ses homologues membres du comité formé la semaine dernière lors de la réunion extraordinaire arabo-islamique, devrait rencontrer les ministres des Affaires étrangères et les dirigeants politiques. Le comité est composé des ministres des Affaires étrangères d’Égypte, de Jordanie, du Qatar, de Turquie, d’Indonésie, du Nigéria et de Palestine, ainsi que des secrétaires de la Ligue arabe (LA) et de l’Organisation de coopération islamique (OCI). Ils ont rencontré leurs homologues de Chine, de Russie et du Royaume-Uni, et ont conclu leur tournée par une rencontre avec le chef de l’État français.
« Un bon niveau de consensus » s’est dégagé, selon l’Élysée, après la rencontre entre le président de la République et le « comité de la paix » arabo-islamique sur « l’action collective pour mettre un terme à la crise ». Emmanuel Macron a rappelé les trois priorités de la France : lutte contre-terrorisme, aide humanitaire et perspective politique, menant à la solution des deux États.